La rhétorique iranienne selon laquelle le conflit ne s'arrêtera qu'avec une capitulation américaine relève de la dissuasion déclaratoire. Derrière, les enjeux sont plus complexes. L'hypothèse d'un conflit court est la plus probable, car Washington fait face à un problème de hiérarchisation de ses priorités sécuritaires. Depuis le pivot de 2011-2012, rebaptisé « rééquilibrage » par l'administration Obama, l'Indo-Pacifique est la priorité stratégique américaine. Chaque mois passé au Moyen-Orient consomme des munitions et des moyens destinés à contenir et dissuader les ambitions chinoises. Nous y reviendrons dans un prochain article.
Sur les infrastructures, reconstruire suppose des devises, un budget et des équipements importés. L'Iran n'a plus rien de tout ça : aucun pétrole exporté depuis fin août, un rial à plus de 2,6 millions pour un dollar, près de 90 % d'inflation, un État qui imprime de la monnaie et des banques qui s'effondrent. Après la première campagne, il faut déjà près d'un an pour reconnecter les centrales détruites. Frapper le raffinage, la pétrochimie et l'électricité, c'est frapper les secteurs qui devraient financer la reconstruction. En clair contrairement aux pays du Golfe, l’Iran n’a plus de coussins financiers (son fonds souverain a été vidé pour combler les déficits, ses réserves utilisables étaient déjà réduites avant la guerre, et plus rien ne rentre depuis l'arrêt des exportations).
Ensuite pour les Kurdes et les Baloutches, le thread ne dit pas qu'ils peuvent renverser le régime il faut bien comprendre l’enjeu sécuritaire de la périphérie. Il dit qu'ils mobilisent ses forces. Depuis juin, le CGRI affronte des groupes armés dans trois provinces de l'Ouest. Il fait pression sur Bagdad pour expulser les partis kurdes d'Irak, ce qui montre qu'il les prend au sérieux. Au Sistan-Baloutchistan, on compte au moins 37 incidents armés depuis janvier, dont cinq attaques revendiquées en une seule semaine début octobre. Un État qui perd ses ressources concentre ses moyens sur le centre. Le risque, c'est l'érosion du contrôle des marges, pas l'effondrement ( nous avions déjà fais un article sur la balkanisation potentielle de ses périphéries comme enjeu que ses voisins considèrent comme une menace sécuritaire).
Replying to @Arab_Intel
Les infrastructures ça se reconstruit très rapidement. Les kurdes et les baloutches ne représentent pas une menace pour l'Iran
🇮🇱🇺🇸🇮🇷 | Après Epic Fury : la prochaine opération américaine peut-elle contraindre l’Iran à céder ?
1/2 La prochaine opération américaine ne vise plus à remporter une victoire militaire car la supériorité conventionnelle de Washington est déjà acquise. L’enjeu est désormais de la convertir en gains politiques et stratégiques, en contraignant Téhéran à accepter les concessions que la campagne précédente n’a pas obtenues à savoir la réouverture du détroit d’Ormuz et un accord nucléaire aux conditions américaines.
La rupture avec Epic Fury tient à la nature de la stratégie employée. La première campagne relevait d’une logique d’interdiction en détruisant les capacités militaires iraniennes et décapitant son appareil dirigeant. Elle a produit des résultats tactiques importants sans atteindre son objectif politique. La prochaine opération relèverait davantage d’une stratégie de coercition par la punition. Il ne s’agit plus seulement de réduire la capacité de l’Iran à combattre, mais d’augmenter progressivement le coût de sa résistance jusqu’à rendre la concession préférable à la poursuite du conflit.
Cette évolution détermine le choix des cibles : production électrique, raffinage, pétrochimie et infrastructures énergétiques. Les capacités militaires conventionnelles ayant déjà été lourdement frappées, Washington chercherait désormais à dégrader les ressources qui permettent au régime de financer son appareil sécuritaire, de maintenir les subventions et d’assurer le fonctionnement de l’État. La frappe envisagée contre Pickaxe Mountain s’inscrirait dans cette même logique qui serait de neutraliser les accès au site afin de disposer d’un levier supplémentaire sur le dossier nucléaire, plutôt que prétendre détruire l’ensemble du programme.
Cette stratégie repose toutefois sur une hypothèse contestable qui est celle d’un régime qui arbitrerait avant tout en fonction du coût économique. Or, pour les dirigeants iraniens, la question est d’abord existentielle et politique. Une concession nucléaire obtenue sous la contrainte pourrait être interprétée comme un aveu de faiblesse et fragiliser davantage la faction dirigeante face aux éléments les plus radicaux du CGRI, qui contrôlent une partie essentielle de l’appareil coercitif et assimilent déjà la négociation à une capitulation en la dénonçant.
Dans ces conditions, Téhéran pourrait privilégier une stratégie d’attrition qui est d’absorber les frappes, élargir le coût régional du conflit en ciblant les infrastructures du Golfe et les intérêts américains, puis miser sur l’érosion de la volonté politique de Washington. Le calcul iranien repose sur une asymétrie temporelle où l’Iran peut considérer que sa survie dépend de sa capacité à tenir, tandis que les États-Unis doivent composer avec les coûts économiques, militaires et politiques d’un engagement prolongé.
Washington a déjà consommé d’importantes quantités de munitions, avec plus de 22 milliards de dollars de dépenses avancées pour Epic Fury et une pression accrue sur ses stocks stratégiques. À cela s’ajoutent les tensions sur les marchés pétroliers, les inquiétudes des monarchies du Golfe et les contraintes de politique intérieure américaine. Téhéran pourrait donc estimer que le temps joue en sa faveur, à condition de rendre la poursuite de la guerre suffisamment coûteuse pour ses adversaires.
Washington dispose néanmoins d’une autre option qui est celle d’une campagne courte et massive contre les capacités résiduelles iraniennes, suivie d’une déclaration de victoire et d’une réduction de son engagement militaire direct, tout en maintenant une pression économique et maritime par le blocus naval. La logique serait alors de substituer à l’affrontement militaire prolongé une stratégie d’étranglement économique, en laissant au régime iranien la charge de gérer les conséquences de la destruction de ses infrastructures.
2/2 Mais cette stratégie comporte ses propres limites. La destruction des infrastructures énergétiques et industrielles ne provoquerait pas nécessairement l’effondrement immédiat du régime. Elle réduirait cependant sa capacité à gouverner qui comprend le fait de financer les forces de sécurité, maintenir les subventions, fournir l’électricité et l’eau ou assurer la continuité logistique. La première réponse du pouvoir serait probablement un renforcement de la répression et une militarisation accrue de l’espace urbain, parallèlement à la recherche d’un compromis diplomatique limité. Mais maintenir le contrôle du centre politique ne signifie pas nécessairement conserver la maîtrise de l’ensemble du territoire.
C’est dans les périphéries que cette fragilisation pourrait produire ses effets les plus importants. Dans le nord-ouest, les partis kurdes iraniens ont engagé une dynamique de coalition et restent en confrontation avec les forces du régime. Dans le sud-est, l’insurrection baloutche maintient une pression sécuritaire sur l’État. La contraction des ressources disponibles contraindrait Téhéran à concentrer ses moyens sur les principaux centres politiques et économiques, au risque de réduire sa présence sécuritaire dans les régions périphériques.
Le risque stratégique est donc celui d’une fragmentation progressive de l’autorité étatique : un régime capable de défendre son centre politique, mais dont la capacité à administrer, financer et contrôler l’ensemble du territoire se dégrade.
La dégradation de l’État finira également par affecter les équilibres internes du régime. La contraction des ressources accentuera la compétition entre les différentes factions du CGRI pour le contrôle des rentes économiques, des réseaux d’influence et de l’appareil coercitif. Plus l’étranglement économique se prolongera, plus la question de la négociation deviendra clivante au sein de la junte : d’un côté, ceux qui chercheront à préserver les structures de l’État par un compromis ; de l’autre, ceux pour qui toute concession représenterait une remise en cause de la ligne idéologique et sécuritaire du régime.
Le scénario peut ainsi être envisagé en deux temporalités.
À court terme, une campagne américaine courte et intensive après le 3 novembre, suivie d’une riposte iranienne contre les infrastructures du Golfe. Washington pourrait ensuite proclamer sa victoire militaire et réduire son engagement direct sans obtenir d’accord nucléaire, tout en maintenant le blocus naval pour poursuivre la pression sur Téhéran.
À moyen terme, les conséquences seraient davantage structurelles avec un régime qui conserve ses capacités coercitives, mais dont les ressources économiques se contractent, les marges territoriales deviennent plus difficiles à contrôler et les équilibres internes se fragilisent. La pression extérieure ne provoquerait pas nécessairement son effondrement, mais accélérerait ses contradictions internes et réduirait progressivement sa capacité à gouverner.
Le résultat serait un paradoxe stratégique : Washington ne parviendrait pas à obtenir les concessions politiques recherchées, tandis que Téhéran ne réussirait pas nécessairement à transformer la durée du conflit en victoire par attrition. Le régime pourrait survivre militairement à la campagne américaine, tout en entrant dans une phase d’érosion politique, économique et territoriale dont il ne maîtriserait plus les conséquences.
2/2 Mais cette stratégie comporte ses propres limites. La destruction des infrastructures énergétiques et industrielles ne provoquerait pas nécessairement l’effondrement immédiat du régime. Elle réduirait cependant sa capacité à gouverner qui comprend le fait de financer les forces de sécurité, maintenir les subventions, fournir l’électricité et l’eau ou assurer la continuité logistique. La première réponse du pouvoir serait probablement un renforcement de la répression et une militarisation accrue de l’espace urbain, parallèlement à la recherche d’un compromis diplomatique limité. Mais maintenir le contrôle du centre politique ne signifie pas nécessairement conserver la maîtrise de l’ensemble du territoire.
C’est dans les périphéries que cette fragilisation pourrait produire ses effets les plus importants. Dans le nord-ouest, les partis kurdes iraniens ont engagé une dynamique de coalition et restent en confrontation avec les forces du régime. Dans le sud-est, l’insurrection baloutche maintient une pression sécuritaire sur l’État. La contraction des ressources disponibles contraindrait Téhéran à concentrer ses moyens sur les principaux centres politiques et économiques, au risque de réduire sa présence sécuritaire dans les régions périphériques.
Le risque stratégique est donc celui d’une fragmentation progressive de l’autorité étatique : un régime capable de défendre son centre politique, mais dont la capacité à administrer, financer et contrôler l’ensemble du territoire se dégrade.
La dégradation de l’État finira également par affecter les équilibres internes du régime. La contraction des ressources accentuera la compétition entre les différentes factions du CGRI pour le contrôle des rentes économiques, des réseaux d’influence et de l’appareil coercitif. Plus l’étranglement économique se prolongera, plus la question de la négociation deviendra clivante au sein de la junte : d’un côté, ceux qui chercheront à préserver les structures de l’État par un compromis ; de l’autre, ceux pour qui toute concession représenterait une remise en cause de la ligne idéologique et sécuritaire du régime.
Le scénario peut ainsi être envisagé en deux temporalités.
À court terme, une campagne américaine courte et intensive après le 3 novembre, suivie d’une riposte iranienne contre les infrastructures du Golfe. Washington pourrait ensuite proclamer sa victoire militaire et réduire son engagement direct sans obtenir d’accord nucléaire, tout en maintenant le blocus naval pour poursuivre la pression sur Téhéran.
À moyen terme, les conséquences seraient davantage structurelles avec un régime qui conserve ses capacités coercitives, mais dont les ressources économiques se contractent, les marges territoriales deviennent plus difficiles à contrôler et les équilibres internes se fragilisent. La pression extérieure ne provoquerait pas nécessairement son effondrement, mais accélérerait ses contradictions internes et réduirait progressivement sa capacité à gouverner.
Le résultat serait un paradoxe stratégique : Washington ne parviendrait pas à obtenir les concessions politiques recherchées, tandis que Téhéran ne réussirait pas nécessairement à transformer la durée du conflit en victoire par attrition. Le régime pourrait survivre militairement à la campagne américaine, tout en entrant dans une phase d’érosion politique, économique et territoriale dont il ne maîtriserait plus les conséquences.
2/2 La dégradation touchera ensuite les factions. La rareté des ressources aiguisera la compétition au sein du CGRI pour les rentes, les réseaux et la coercition. Plus l'étranglement dure, plus la question de la négociation divisera la junte entre ceux qui veulent préserver l'État et ceux qui veulent préserver la ligne.
Le scénario le plus probable s'organise donc en deux temps.
À court terme, une campagne courte et intense après le 3 novembre, une riposte iranienne contre le Golfe, puis une déclaration de victoire américaine sans accord nucléaire, avec le blocus maintenu. À moyen terme, un régime qui résiste à la coercition mais s'use de l'intérieur avec un État de moins en moins capable de fonctionner, une périphérie qui lui échappe et des factions de plus en plus divisées.
Washington ne gagnera pas la concession qu'il recherche, et Téhéran ne gagnera pas la guerre longue qu'il espère. Le régime risque de survivre à la campagne américaine sans survivre à ses conséquences.
🇺🇸🇮🇱🇮🇷 | Donald Trump s’est entretenu samedi avec Benjamin Netanyahu au sujet des négociations avec l’Iran et d’une éventuelle reprise des opérations militaires.
Selon des sources américaines et israéliennes, Netanyahu pousse Trump à frapper l’Iran dès la fin des élections de mi-mandat mardi, tandis que ce dernier souhaite poursuivre les négociations.
Trump estime que les discussions avancent bien, tout en mettant en doute la fiabilité de Téhéran. Il a également évoqué la nécessité de neutraliser un ou deux sites nucléaires iraniens, dont une installation souterraine suspectée à Pickaxe Mountain. (Axios)
🇪🇬 | L'Égypte a signé un accord de financement d'un milliard de dollars avec la Banque mondiale pour la deuxième phase de son programme de réformes économiques, comprenant 800 millions de dollars de financement et une garantie de crédit de 200 millions de dollars soutenue par le Royaume-Uni.
Cela vise à éviter que la guerre d'Iran ne fasse dérailler la stabilisation égyptienne. Le cœur politique du programme est le retrait de l'État, et donc de l'appareil militaro-économique, au profit du secteur privé. C'est aussi là que les retards ont toujours été les plus fréquents. La Banque elle-même juge que les progrès des réformes sont encourageants mais encore fragiles.
🇺🇸🇮🇱🇮🇷 | De nouvelles images qui nous ont été transmises montrent la présence d’au moins quatre avions de transport C-17A Globemaster III de l’US Air Force à l’aéroport de Ramon, dans le sud d’Israël.
🇫🇷 | Un policier a été littéralement englouti par les flammes après l’explosion d’un cocktail Molotov à proximité, lors de violents affrontements opposant des militants d’extrême gauche aux forces de l’ordre à Paris.
🇮🇱🇮🇷 | Israël se prépare à frapper l’Iran
L’armée israélienne aurait achevé ses préparatifs opérationnels pour une éventuelle attaque contre l’Iran. Les autorités israéliennes anticiperaient également un possible embrasement du front libanais en cas d’escalade régionale. L’éventuelle intervention du Hezbollah dépendra notamment de l’ampleur de l’offensive israélo-américaine et de leur capacité à atteindre leurs objectifs militaires en Iran, deux facteurs susceptibles de peser sur les calculs stratégiques du mouvement.
🇸🇾🇸🇦🇹🇷🇵🇰 | La Syrie pourrait rejoindre le pacte de La Mecque
Damas étudie son adhésion à l’alliance de défense réunissant l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan. Le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chibani, a confirmé à la conférence annuelle de Manama que des discussions sont en cours.
Une éventuelle entrée de la Syrie renforcerait son arrimage au nouvel axe sécuritaire turco-saoudien et contribuerait à redessiner les équilibres stratégiques au Moyen-Orient. Elle permettrait notamment de durablement fermer le corridor terrestre de l’axe logistique de Téhéran vers le Hezbollah. Damas multiplie déjà les saisies d’armes frontalières. Cela pourrait aussi constituer un levier de pression dans les négociations avec Tel-Aviv.
📝 Islamabad ne bloquera probablement pas l'adhésion syrienne. La procédure retardera tout examen d'au moins plusieurs mois : la ratification turque n'est pas achevée, la feuille de route d'adhésion n'est pas publiée et le consensus des trois fondateurs est requis. Le secrétariat, dirigé par un Pakistanais, contrôle ce calendrier. Pendant ce délai, le Pakistan approfondira sa coopération de défense bilatérale avec Damas. Si l'adhésion avançait, il s'appuierait sur l'article 2, qui laisse chaque membre libre de fixer son soutien, plutôt que d'exiger une exclusion écrite du front israélien. Le principal risque pour cette évaluation est une pression saoudienne, à laquelle Islamabad aurait du mal à résister de part sa dépendance.
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Replying to @orphelinduneou @hikmatunuriyah
Le Prophète a dirigé la communauté de Médine, mais la charia comme système juridique codifié a été élaborée par les juristes un à deux siècles après lui, en s'adossant à de nombreux droits coutumiers locaux. Et il gouvernait avec pragmatisme, notamment à Hudaybiya, où il a accepté de retirer le titre de « Messager de Dieu » du traité pour obtenir la paix alors qu'il était en position de faiblesse. Les talibans, eux, gouvernent de façon inefficace, peu productive et surtout irresponsable, en politique intérieure comme extérieure, au point de fournir au Pakistan un prétexte pour frapper le TTP sur le sol afghan. Et ils interdisent de rendre la vue à des aveugles au nom d'une lecture rigide. C'est toute la différence avec le Prophète ;)
❓🏳️🇦🇫 | Fait intéressant : l'ascension des talibans n'a rien d'accidentel. Elle est le produit de vingt ans de destruction de la société afghane.
La guerre soviétique (1979-1989) détruit les structures traditionnelles que ce soit les notables ruraux, les chefs tribaux et clergé villageois. Plus de trois millions d'Afghans fuient au Pakistan, où une génération de garçons grandit dans les camps, loin de toute structure tribale ou familiale.
Ils y sont formés dans des madrasas déobandies, multipliées par l'islamisation du général Zia et financées par le Golfe. Leur enseignement est purement textuel et rigoriste, et il se greffe sur le pachtounwali, le code d'honneur tribal pachtoune.
Après 1992, les partis moudjahidines, d'inspiration frériste, plongent le pays dans une guerre civile. Pillages, barrages, rackets, leur discrédit devient total, surtout chez les Pachtounes, marginalisés par un pouvoir dominé par les Tadjiks.
En 1994, les talibans apparaissent à Kandahar avec une promesse simple qui est l'ordre par la charia. Soutenus par le Pakistan, qui cherche une « profondeur stratégique » face à l'Inde, ils prennent Kaboul en 1996.
Après leur chute en 2001, ils ne reconquièrent pas le pays par les armes seules, mais par le droit. Face à une justice d'État corrompue et déconnectée, ils installent des centaines de tribunaux dans les campagnes. Leurs juges y tranchent vite les litiges, notamment fonciers, nés de quarante ans de guerre. Ils sont soumis à des procédures strictes et changent d'affectation régulièrement pour échapper aux clans. Les talibans s'approprient ainsi l'attribut premier du régalien : la contrainte légitime.
Leur ascension est donc structurelle à travers une génération déracinée, formée par une doctrine coupée de toute société réelle, qui a su occuper le vide laissé par l'État.
🏳️🇦🇫 | Afghanistan : les talibans interdisent les greffes de cornée au nom de l'islam
Le régime taliban a ordonné l’arrêt des greffes de cornée dans plusieurs hôpitaux afghans, les jugeant contraires aux enseignements islamiques.
À Kaboul et Jalalabad, des centaines de patients, dont de jeunes victimes d’explosions et d’accidents, sont désormais privés d’une opération pouvant restaurer leur vue.
Le Dr Noor Zaman Hashim, de l’hôpital oculaire Noor, affirme que les médecins ont reçu cet ordre verbalement et craignent de sévères sanctions en cas de désobéissance.
Voilà l'islam que les islamistes veulent présenter dans leur programme. La civilisation qui a donné au monde Ibn al-Haytham et parmi les premiers grands traités d'ophtalmologie voit aujourd'hui des hommes, au nom de cette même religion, interdire de rendre la vue à des aveugles.
🏳️🇦🇫 | Afghanistan : les talibans interdisent les greffes de cornée au nom de l'islam
Le régime taliban a ordonné l’arrêt des greffes de cornée dans plusieurs hôpitaux afghans, les jugeant contraires aux enseignements islamiques.
À Kaboul et Jalalabad, des centaines de patients, dont de jeunes victimes d’explosions et d’accidents, sont désormais privés d’une opération pouvant restaurer leur vue.
Le Dr Noor Zaman Hashim, de l’hôpital oculaire Noor, affirme que les médecins ont reçu cet ordre verbalement et craignent de sévères sanctions en cas de désobéissance.
Voilà l'islam que les islamistes veulent présenter dans leur programme. La civilisation qui a donné au monde Ibn al-Haytham et parmi les premiers grands traités d'ophtalmologie voit aujourd'hui des hommes, au nom de cette même religion, interdire de rendre la vue à des aveugles.
🇺🇸🇮🇷🇯🇴 | L’Iran a commencé à cibler davantage les installations où vivent les troupes américaines sur les bases militaires au Moyen-Orient durant la guerre, selon des images satellites et des responsables américains.
Les images satellites montrent que 25 bâtiments de la base aérienne de Muwaffaq Salti, en Jordanie, ont été endommagés au cours des six premiers mois de la guerre entre les États-Unis et l’Iran. Au total, 274 structures réparties sur 12 bases américaines différentes dans la région auraient subi des dommages durant cette période.
Le Center for Strategic and International Studies (CSIS) estime que les seuls dégâts visibles sur les images satellites collectées représenteraient environ 4 milliards de dollars.
Des responsables américains ont indiqué être en discussions avec plusieurs pays de la région concernant les réparations, ce qui pourrait permettre de réduire la facture pour les États-Unis, une partie des infrastructures endommagées étant partagée avec du personnel local.
🇲🇦🤝🇷🇺 | Fatima Ezzahra El Mansouri, première femme à diriger le gouvernement marocain, effectue sa première visite à l’étranger à Moscou, où elle représente le Roi Mohammed VI au 3ᵉ Sommet Russie-Afrique.
Les relations Maroc-Russie revêtent une importance stratégique pour l’Afrique, notamment à travers trois projets majeurs :
1) L’ouverture des pays du Sahel, alliés de la Russie, sur l’Atlantique par des infrastructures modernes (désenclavement de la région).
2) Le Gazoduc Africain-Atlantique Nigéria-Maroc, afin de favoriser l'autonomie stratégique des pays africains, dans le cadre d'un ordre mondial multilatéral et souverainiste prôné par Moscou.
3) Rosatom et l’entreprise marocaine Water & Energy Solutions ont signé en 2023 un accord pour développer des projets de dessalement, de traitement et de purification de l’eau. Cette coopération technologique pourrait être particulièrement pertinente pour les pays africains confrontés au stress hydrique.
Arab Intelligence retweeted
🧵🇮🇷🇧🇷 #THREAD | Le Brésil, dernier bastion de l’Iran en Amérique du Sud
1/6 Alors que l’Argentine a inscrit la Force Al-Qods du CGRI sur sa liste terroriste en janvier 2026 et que plusieurs gouvernements latino-américains alignés sur Washington durcissent leur position, Brasília n’a toujours pas désigné le Hezbollah comme organisation terroriste. Cette asymétrie fait du pays un refuge naturel pour des réseaux sous pression dans les juridictions voisines.
Téhéran cherche à renforcer ses relations bilatérales avec le Brésil comme on le constate avec la récente déclaration de Masoud Pezeshkian qui a félicité Lula en appelant à élargir les liens d’amitié et la coopération durant ce nouveau mandat, au nom du multilatéralisme. L’Iran cherche donc à faire de la victoire de Lula un levier diplomatique aujourd’hui mais surtout de préservation de son influence en déclin en Amérique du Sud. Cela ouvre la porte à une stratégie pour Téhéran de déployer ses dispositifs liés au Hezbollah, CGRI et criminalité.
🇮🇷🇺🇸 | l’Iran s’appuie sur 5 000 entités secrètes pour contourner les sanctions
Téhéran aurait mis en place un réseau de plus de 5 000 entités militaires pour importer au moins 2 milliards de dollars de matériel depuis janvier 2025.
L’une d’elles aurait importé pour 2,3 milliards de dollars d’équipements entre janvier 2025 et juin 2026, dont des composants de roquettes, des détonateurs et des centaines de camions Iveco potentiellement convertibles en lanceurs de missiles.
Les livraisons proviendraient notamment de Chine, de Russie et d’Allemagne. (Reuters )
🇮🇱🇶🇦 | Israël : le Shin Bet enquête sur une possible ingérence qatarie dans les élections
Le président de la Commission électorale a saisi le Shin Bet après des soupçons de financement qatari de plusieurs dizaines de millions de shekels visant à influencer le scrutin.
Le Likoud dénonce des achats de votes à grande échelle et affirme avoir déposé 1 183 plaintes le jour des élections. La police n’a toutefois relevé aucune preuve de fraude systémique.
🇩🇿🇳🇪🇱🇾 | Les forces algériennes devraient être déployées sur la base aérienne de Madama ( coordonnées : 21.9554711, 13.6470986), une installation d’importance stratégique située dans le nord-est du Niger.
Alger a vendu des hélicoptères militaires dont deux Mi-24V d’attaque et deux Mi-171 de transport à Niamey il y a seulement quelques mois. On sait également quatre chasseurs Su-30MKA algériens, accompagnés d’avions de soutien déployés là bas. Ils sont probablement stationnés à Madama.
Alger serait à travers son réinvestissement dans sa profondeur stratégique motivé par l’influence croissante de Saddam Haftar et des factions de l’est libyen. Niamey les accuse de soutenir les séparatistes touaregs dans le nord-est du Niger, ainsi que le Front patriotique de libération (FPL), opposé à la junte. Certaines factions de la junte nigérienne accusent le FPL d’avoir organisé les attaques du 29 août ( tentative de coup d’état).
L’Algérie s’est depuis longtemps opposée aux chefs de guerre de la famille Haftar. Le déploiement sur la base aérienne de Madama placerait les forces algériennes aux portes des zones d’opération du FPL dans le nord-est du Niger, tout en les rapprochant de la frontière libyenne, notamment du Fezzan, une région contrôlée par les vestiges de la célèbre 128e brigade de l’Armée nationale libyenne de Haftar.
📝🇩🇿🇳🇪 | Algérie–Niger : Alger en quête de profondeur stratégique
Le déploiement militaire algérien au Niger relève d’une logique de sécurisation d’intérêts nationaux identifiés. Il répond à quatre enjeux : la stabilité du régime partenaire, la profondeur stratégique au sud, la protection des actifs énergétiques et la préservation d’un corridor gazier structurant.
Le premier enjeu est la stabilité du régime nigérien. La tentative de coup d’État des 28 et 29 août a mis en évidence la vulnérabilité du pouvoir de Tiani et les fractures internes de l’armée. Les mutins ont temporairement pris le contrôle de l’aéroport, des drones turcs qui y étaient stationnés ainsi que des médias d’État. Pour Alger, le Niger est le principal partenaire sahélien avec lequel la relation a été rétablie. Sa déstabilisation remettrait en cause l’ensemble de sa stratégie régionale. Tebboune a d’ailleurs interprété la tentative de putsch comme une provocation dirigée contre l’Algérie, puisqu’elle a eu lieu pendant la visite du Premier ministre nigérien à Alger.
Le deuxième enjeu est la profondeur stratégique. Le nord du Niger constitue une zone de transit pour les groupes armés, les réseaux de contrebande et les flux migratoires. Une présence militaire sur place permet à Alger d’adopter une posture de défense avancée, c’est-à-dire de traiter les menaces en amont de sa frontière. Le format retenu, un détachement stationné dans une base du nord du pays, correspond à cette fonction de zone tampon.
Le troisième enjeu est énergétique. Sonatrach détient depuis 2005 le permis d’exploration de Kafra, d’environ 23 700 km², et sa filiale ENAFOR y conduit un forage dans la région d’Agadez. Le bloc de Bilma présente un potentiel de plus de 20 000 barils par jour sur une vingtaine d’années. Sonatrach est désormais présente sur plusieurs segments de la filière nigérienne, de l’exploration à la commercialisation. L’exposition croissante des investissements algériens appelle une protection que les forces nigériennes ne peuvent plus assurer seules. La sécurisation de ces installations constitue la mission officielle du contingent.
Le quatrième enjeu est gazier. Le gazoduc transsaharien doit relier le Nigeria à l’Algérie via le Niger afin d’exporter du gaz vers l’Europe. Le territoire nigérien est un point de passage obligé du projet. Sa sécurisation conditionne la crédibilité de l’option algérienne face au gazoduc atlantique concurrent soutenu par le Maroc.
Le cinquième enjeu concerne la position d’Alger dans le jeu des puissances au Niger. Le retrait français a laissé un espace que la Russie occupe désormais : Africa Corps a contribué à l’échec de la mutinerie. L’Algérie ne cherche pas à se substituer à Moscou. Elle vise un rôle de garant sécuritaire complémentaire, en faisant valoir un avantage que la Russie n’a pas : la proximité géographique.
Cet engagement comporte néanmoins des coûts. Alger associe sa crédibilité à un régime militaire fragilisé. Elle expose ses troupes à la menace jihadiste. Elle s’inscrit également dans une crise politique où Niamey désigne la France, le Bénin et la Côte d’Ivoire comme commanditaires du putsch. Les effectifs et la durée de la mission n’ont pas été rendus publics. Seul le mandat effectif permettra d’établir si le dispositif algérien se limite à la protection d’actifs économiques ou s’il évolue vers une fonction de soutien au régime plus affirmée.



















