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Longtemps, je me suis situé dans le camp des techno-optimistes. Lorsqu'Internet est apparu dans les années 90, j'ai comme beaucoup pensé qu'il s'agissait d'un facteur essentiel de progrès pour l'ensemble de l'humanité. Et il a été un facteur de diffusion de la connaissance comme nul autre : les techniques sont plus rapidement adoptées, nos économies sont devenues plus efficaces, etc.
Mais rares étaient ceux qui auraient alors pu énoncer qu'internet serait source de graves menaces sur la démocratie, qu'il serait un facteur de concentration sans pareil des richesses (il y a quinze ans, l'homme le plus riche du monde possédait de l'ordre de 60-70 milliards de dollars. aujourd'hui plusieurs d'entre eux ont, au moins momentanément, franchi le seuil des 300 milliards, tous issus du monde de la technologie), qu'il créerait d'importants enjeux de santé mentale, de cognition (ces deux derniers points à différencier l'un de l'autre), de cybersecurité, avec les conséquences que cela peut avoir dans le monde réel...
On m'a rapporté récemment que certains disent que je suis devenu "techno-réac". Même si je trouve la définition assez injuste, je reconnais ne plus avoir un enthousiasme univoque à l'égard des technologies. Et puis, si moi j'ai probablement évolué, il me semble que beaucoup de ceux qui font la technologie ont eu ont énormément changé.
Dans la Silicon Valley, contrer le techno-optimisme, être décroissant, a toujours été un peu comme s'auto-désigner hérétique face au tribunal du saint Office de l'inquisition au XVIème siècle. Peter Thiel le résume d'ailleurs très bien : sans explicitement le dire, il compare la nécessité de l'accélération comme une quête messianique, et quiconque conteste cela a tôt fait de se faire labelliser par lui d'antéchrist, comme l'ont été Greta Thunberg et Eliezer Yudkowsky. L'accélération y est devenue une fin en soi et l'IA est emblématique de cette accélération (certains suspectent qu'en souhaitant dépasser l'humain, ceux-là réglent leurs compte à tous ceux qui les ont renvoyé à leurs propres limites, leurs frustrations). Désormais quiconque s'oppose au progrès technologique, en particulier de l'IA est plus ou moins un ennemi de Yarvin, Thiel, Andressen, Sacks, représentant la sainte inquisition technologique connue pour son absolutisme, son rejet de la démocratie et leur souhait de voir advenir une dictature technologique... . Je conçois qu'il n'y ait d'ailleurs pas que des inconvénients à cet absolutisme ; il a le mérite de maintenir une ferveur religieuse - Thiel ne s'y trompe d'ailleurs pas et utilise à dessein ce corpus théologique.
Dans un livre à paraitre d'ici quelques jours, je me suis posé la question de la finalité de l'accélération : est-ce que l'on sera plus heureux lorsque l'on vivra 120 ans ? lorsqu'on aura tous un QI de 145 ? Lorsqu'on aura envoyé des humains sur Mars ? Ces questions ne sont jamais posées ; et pourtant elles ont une incidence directe sur notre réel : car c'est maintenant qu'il faut faire des choix de société forts.
Gilles Babinet retweeted
Quick thread on AI and productivity:
Lots of people say this chart shows AI is now showing up in the productivity data.
But I made this chart to argue the opposite: a trend that pre-dates AI and only shows up in the US doesn’t look like AI.
Here’s how I’m thinking about the data and underlying dynamics:
Gilles Babinet retweeted
Economist (and Nobel laureate) Paul Krugman: “Control of Starlink must, one way or another, be taken away from Elon Musk. It’s a matter of national security: we cannot let private individuals make foreign and defense policy, and it would be totally irresponsible to leave a crucial military asset in the hands of a racist, authoritarian conspiracy theorist.”
paulkrugman.substack.com/p/i…
#PJL2027 En commission, @JphTanguy (RN) avait voulu lui aussi taxer les fournisseurs de contenus : 12 000 € par Gbit/sec.
assemblee-nationale.fr/dyn/1…. Rejet.
Le même texte déposé pour la séance : assemblee-nationale.fr/dyn/1…
Il est particulièrement inquiétant d'avoir un aussi grand nombre de parlementaires portant un amendement d'une tel niveau d'inconsistance. C'est même littéralement un brevet d'incompétence. Or, le monde qui vient nécessite plus que jamais d'avoir une compréhension fine des enjeux technologiques qui nous font face. La maitrise des grands principes technologiques par le corps politique n'est plus optionnelle : elle est même probablement déterminante pour l'évolution des nations. Dans des pays comme Taiwan ou la Corée, une telle action serait jugée à sa juste échelle. En France c'est malheureusement secondaire.
J'ai lu l'amendement I-1358 au PLF 2027, adopté ce vendredi à l'Assemblée : une taxe de 0,055 € par Go envoyé vers les abonnés des FAI français. Le chiffre est abstrait, alors comparons-le. Corrigez-moi si vous voyez des erreurs.
Deux comparaisons et un cas concret :
1. Le transit et le peering. Un port 100 Gbps coûte environ 6 300 € par mois chez un fournisseur de transit mondial. En interconnexion directe avec un FAI européen, compter 3 à 5 fois plus, soit 20 à 30 k€ par mois. Sur ce port (a), la taxe atteint 1,02 M€ par mois, soit environ 3400 % à 16300 % du prix d'une interconnexion vers les FAI français. On change donc profondément le modèle économique de la bande passante en France.
2. Les hyperscalers sont critiqués pour le prix de leur trafic sortant, qui va d'environ 0,08€ à 0,045€ par Go selon le volume. La taxe, 0,055 € par Go, représente 68 % à 123 % de ce prix. On parle donc de doubler, pour le trafic vers la France, un prix déjà jugé trop élevé !
3. Le cas d'OVHcloud. Nous envoyons de l'ordre de 500 Gbps au 95e percentile vers les FAI français, soit environ 324 Gbps en moyenne. Sur un an, la taxe brute atteindrait 70 M€. Le texte la plafonne à 15 % du CA réalisé en France ou à 2 % du CA mondial, soit entre environ 23 et 70 M€ par an que nous devrions collecter pour l'État, et donc répercuter sur nos clients.
Conclusions :
1. Une taxe porte en général sur une petite fraction de son assiette. Celle-ci vaut plus de 3000 % du coût du transit, et environ 100 % du prix public des hyperscalers. Rappelez-vous la loi SREN, votée pour supprimer les frais de transfert qui empêchaient les clients de quitter un fournisseur cloud. Ici, on parle de doubler le prix du trafic sortant vers les internautes français, un prix déjà très problématique.
2. Le garde-fou, un plafond calculé sur le chiffre d'affaires, est incohérent. Ce chiffre d'affaires couvre des serveurs, du stockage, des datacenters et des équipes sans rapport avec la bande passante. C'est comme créer une taxe calculée sur la consommation électrique des usines automobiles en France, plafonnée à 15 % du chiffre d'affaires des constructeurs. Quel rapport entre les deux ?
3. Une taxe nationale de ce type frappe à coup sûr les entreprises établies en France, alors que leurs concurrents mondiaux sans présence en France livrent le même trafic aux mêmes FAI français sans payer cette taxe en pratique. Cela crée une distorsion de concurrence au détriment des acteurs nationaux et déclasse les entreprises qui embauchent en France. Une taxe qui produit l'effet inverse serait une meilleure approche.
(a) Facturé au 95e percentile, ce port n'est pas plein en permanence : avec un profil journalier type (22 % vers 4 h, 90 % vers 21 h), il transporte en moyenne 57 % de sa capacité, soit 18,6 millions de Go par mois.
Gilles Babinet retweeted
J'ai lu l'amendement I-1358 au PLF 2027, adopté ce vendredi à l'Assemblée : une taxe de 0,055 € par Go envoyé vers les abonnés des FAI français. Le chiffre est abstrait, alors comparons-le. Corrigez-moi si vous voyez des erreurs.
Deux comparaisons et un cas concret :
1. Le transit et le peering. Un port 100 Gbps coûte environ 6 300 € par mois chez un fournisseur de transit mondial. En interconnexion directe avec un FAI européen, compter 3 à 5 fois plus, soit 20 à 30 k€ par mois. Sur ce port (a), la taxe atteint 1,02 M€ par mois, soit environ 3400 % à 16300 % du prix d'une interconnexion vers les FAI français. On change donc profondément le modèle économique de la bande passante en France.
2. Les hyperscalers sont critiqués pour le prix de leur trafic sortant, qui va d'environ 0,08€ à 0,045€ par Go selon le volume. La taxe, 0,055 € par Go, représente 68 % à 123 % de ce prix. On parle donc de doubler, pour le trafic vers la France, un prix déjà jugé trop élevé !
3. Le cas d'OVHcloud. Nous envoyons de l'ordre de 500 Gbps au 95e percentile vers les FAI français, soit environ 324 Gbps en moyenne. Sur un an, la taxe brute atteindrait 70 M€. Le texte la plafonne à 15 % du CA réalisé en France ou à 2 % du CA mondial, soit entre environ 23 et 70 M€ par an que nous devrions collecter pour l'État, et donc répercuter sur nos clients.
Conclusions :
1. Une taxe porte en général sur une petite fraction de son assiette. Celle-ci vaut plus de 3000 % du coût du transit, et environ 100 % du prix public des hyperscalers. Rappelez-vous la loi SREN, votée pour supprimer les frais de transfert qui empêchaient les clients de quitter un fournisseur cloud. Ici, on parle de doubler le prix du trafic sortant vers les internautes français, un prix déjà très problématique.
2. Le garde-fou, un plafond calculé sur le chiffre d'affaires, est incohérent. Ce chiffre d'affaires couvre des serveurs, du stockage, des datacenters et des équipes sans rapport avec la bande passante. C'est comme créer une taxe calculée sur la consommation électrique des usines automobiles en France, plafonnée à 15 % du chiffre d'affaires des constructeurs. Quel rapport entre les deux ?
3. Une taxe nationale de ce type frappe à coup sûr les entreprises établies en France, alors que leurs concurrents mondiaux sans présence en France livrent le même trafic aux mêmes FAI français sans payer cette taxe en pratique. Cela crée une distorsion de concurrence au détriment des acteurs nationaux et déclasse les entreprises qui embauchent en France. Une taxe qui produit l'effet inverse serait une meilleure approche.
(a) Facturé au 95e percentile, ce port n'est pas plein en permanence : avec un profil journalier type (22 % vers 4 h, 90 % vers 21 h), il transporte en moyenne 57 % de sa capacité, soit 18,6 millions de Go par mois.
🤖 Made with AI
Pour ceux qui s'intéressent à l'aspect métaphysique de l'émergence des IA, cet article passionnant pour ce qu'il met en évidence : une forte volonté de la part des acteurs des IA frontières d'Anthromorphiser leurs produits, de leur trouver les capacités d'avoir du recul sur eux même, des sentiments de joie etc. Mais aussi de les doter d'un prénom familier - Claude... - tout simplement parce que l'anthromorphisation fait vendre. L'auteur n' explique pas autrement l'intérêt de ces entreprises à un rapprochement avec le monde des philosophes, anthropologues, théologiens... ft.com/content/bdb3b820-905b… via @FT
Je traduis en français pour ceux qui auraient du mal à saisir ... "Les « néo-clouds » ont fait état d'une dette non résiliable en matière de datacenters s'élevant à 2100 milliards de dollars. À titre de comparaison, les encours de prêts hypothécaires à risque s'élevaient à 1 300 milliards de dollars en mars 2007, ce qui avait contribué à déclencher la crise financière mondiale l'année suivante."
Et dans la même article, la contribution de l'IA à la productivité américaine est toujours pour l'instant, invisible. (ça va certainement changer, mais vraisemblablement pas dans le bon timing boursier)
ft.com/content/9fd6faa4-0e06…
Gilles Babinet retweeted
Today, we release the weights of a new and improved Le Chonk, advancing the open frontier for agentic coding and cybersecurity.
💻 Built to build: Le Chonk ranks #1 on @cognition’s FrontierCode among open models, and sets a new benchmark for Pareto efficiency on @artificialanalysis.
🛡 Built to defend: State-of-the-art in cyberdefense, put through the paces by the world's leading cyber vendors, including @CrowdStrike, @cloudflare, @rubrik, @zscaler, and others.
Built for sovereignty: Make it yours. Download the weights on @huggingface , customize it with Mistral Forge, and deploy it wherever you need it.
Read more from our team and customers 👇:
Différentes études montrent une très forte croissance de la demande de tokens qui ne viennent plus des grandes entreprises frontières (ci-après). Nouvelles architectures et orchestrateurs sont à la base de cette rupture. Si la dynamique de maintient cela va rapidement impacter la croissance des entreprises d'IA frontières et pourrait expliquer en partie la précipitation de l'IPO Anthropic.
L'étude : onlycfo.io/p/ai-tokenomics?u…
Douady est Major en maths à ULM, et s'est passionné pour ces sujets de dettes souveraines... Ce qu'il décrit ici n'est rien d'autre qu'un scénario à la Grecque.
La seule bonne nouvelle de cet effondrement désormais quasi programmé, c'est que le concept de réalité va nécessairement s'imposer à l'ensemble des acteurs politiques, particulièrement à ceux qui ont défendu mordicus l'abandon de la réforme des retraites. Dans le contexte, toute réforme, même ne faisant pas contribuer les retraités, même ne prenant pas en compte chaque cas singulier, même en partie injuste, était à prendre, ne serait-ce que de manière conservatoire, pour éviter ce qui est en train d'arriver.
Car à présent, les prétendus élancement de bienveillance - de monopole du coeur comme disait l'autre - vont avoir pour conséquence un désastre social à l'endroit de ceux qui sont les vrais fragiles, des jeunes, des vieux aussi, des actifs, des étudiants, avant tout des sans-voix qui n'ont pas la chance d'avoir l'oreille de ceux qui nous précipitent dans le mur.
Maintenant que les élections brésiliennes sont terminées il convient de faire la lumière sur les soupçons d'ingérence de Metz au profit de Bolsonaro.
lemonde.fr/en/international/…
Gilles Babinet retweeted
The ugly truth about France and some of the other European countries currently in turmoil - and which none of the politicians want to admit because it'd be political suicide - is that you can't solve the problem by going after immigrants (as the right asserts) or the rich (as the left asserts), but you could solve it by going after the old.
One extraordinary statistic for you: people over 60 in France, a quarter of the population, own 60% of France's wealth, non-financial and financial (ofce.fr/pdf/revue/2025/3-192…).
And here is another crazy statistic:
that same quarter of the population, those above 60, receive nearly two-thirds of all social spending by the French government (previssima.fr/actualite/prot…) - which is famously among the highest in the world (France's government spending is an insane 57.3% of GDP).
Last statistic: they make up about 40% of voters because they're a third of registered voters (insee.fr/fr/statistiques/266…), and they turn out far more than anyone else (franceinfo.fr/elections/sond…).
Put our 3 statistics together and there's almost a bit of an apartheid situation here: the old own most of the country's wealth, collect most of the social spending and have the political power to keep it that way.
Which makes them a de-facto rentier class, living off assets and transfers paid for by younger generations.
And, of course, at the risk of stating a truism, the future is built by the young. Yet France keeps effectively taking money away from them to give it to those whose working lives are already behind them - and need the money far less since they already own the country's wealth.
What about inheritance, I hear you ask? That's the funniest/saddest aspect: given that life expectancy has kept rising, the French now inherit a home at 54 on average. The most common case is someone in their 80s leaving it to heirs in their 50s, in effect the very old transferring wealth to the about-to-be old (insee.fr/fr/statistiques/fic…).
You can add this to our earlier apartheid statement: on top of all the rest, even when the old finally let go of their wealth, it stays within their own "camp".
That's my personal situation, incidentally: I'm 42, my father is 71 and he is starting to look at ways to pass things on to me and my siblings, when our professional lives are already well settled, so it'll arrive when it changes things the least, which is pretty much the French system in a nutshell.
Now, I get that there'd be some unfairness in going after them: they paid into the system their entire working lives, playing by the rules of a social contract that told them if they paid up they'd collect at the end. Changing the rules now means breaking that promise, which is admittedly unfair.
But there's no magic wealth tree in any society: you can only take it where it is. That's the way most major societal transformations end up happening. They're often triggered by a catastrophic event (the so-called "four horsemen": mass-mobilisation war, revolution, state collapse, plague) BUT what really drives change is a transfer: wealth gets pried from the privileged class who've been sitting on it and handed to those who'll build what comes next.
So, in theory and in an ideal world, you can do without the catastrophic event and directly proceed with the transfer...
The fact that in France, and elsewhere in Europe, it's the youth protesting is probably no coincidence - even though they don't frame it as a generational fight. And even though, cruel irony, the left politicians many of them march behind promise to bring the retirement age back to 60 (lcp.fr/actualites/legislativ…), which would make the situation even worse.
Let's say they understand intuitively that the system is stacked against them, even if they haven't yet figured out how. And politicians are obviously doing what politicians do, meaning pandering to the people who actually vote, while pointing the young towards easier - and politically convenient - scapegoats.
To be clear I'm not saying it's the only problem in France, VERY far from it. I'm also not saying that all old people in France live a lavish lifestyle at the expense of younger generations: there are also plenty of very poor retirees who, if anything, would deserve more.
What I am saying is that it's probably the biggest elephant in the room: everyone can see it, nobody dares mention it - no politician, from any side, wants to run on cutting grandma's pension - and it makes every other problem harder to fix.
Gilles Babinet retweeted
The GRU hacked into Jared Kushner's iPhone. Dutch military intelligence (MIVD) then recruited a GRU spy who gave them access to the hacked phone. What MIVD discovered was that Kushner had access to two bank accounts --one Azerbaijani, the other Israeli --where Saudi Crown Prince Mohammed bin Salman and Emirati ruler Mohammed bin Zayed deposited money. It sounds like a slightly far-fetched episode of "Slow Horses," but it's real. And it proves just how eye-poppingly corrupt this administration was and continues to be as its "special envoy" decides the fate of tens of millions in Europe in the Middle East. Simply incredible reporting by Matthew Cole, drawn from his new book on Kushner. vanityfair.com/story/jared-k…
Faut il en finir avex l'opensource ? C'est évidement une provocation mais, d'une part à Washington on envisage pas si mal un monde où un numerus clausus serait imposé aux IA frontières - celles 'certifiées' sûres - et, d'autres part la Chine parle de limiter l'exportation de ces mêmes modèles frontières (de facto les enjeux d'ouverture). Une évidence : l'IA est devenue un enjeu géopolitique de premier plan. Et pour l'Europe en retard, un renfermement serait très dommageable, lui tendant beaucoup plus difficile un rattrapage à moindre coût. Une mauvaise nouvelle pour l'Europe mais aussi pour les consommateurs. Renfermement difficile toutefois à mettre en oeuvre, tant la concurrence devient à la fois forte et multiple.
Brésil, France, Italie... on feint de se rendre soudainement compte que les réseaux sociaux sont des facteurs majeurs de déstabilisations. En Italie, on évoque l'influence de la Russie dans le développement des émeutes. Au Brésil, existent des suspicions d'ingérence de la part de Meta, en cours d'investigation.
En France, ces accusations légitimes d'ingérence ont très vite ranimé le débat sur l'idée d'interdire les réseaux sociaux en cas de troubles. Evidemment les auteurs de ces idées soulignent que cela doit être localisé, circoncit. On pourrait néanmoins faire observer que seuls les Etats totalitaires (Iran, Russie...) ont été jusqu'à mettre en oeuvre cette proposition. En réalité, cela ne fait que montrer que leurs auteurs ne comprenant pas grand chose aux dynamiques internes des RS. Comment on va fermer les boucles Telegram, WhatsApp, Signal ? Est ce que l'idée serait de bloquer tous les réseaux sociaux simultanément, ce qui semble techniquement très ambitieux ? Est-on conscient que les VPN ne sont plus des technologies de niches, mais sont massivement répandus ? Que couper les réseaux télécoms, même dans un quartier revient à les couper aussi pour les services de secours ? Que les RS servent essentiellement avant mais qu'une fois sur place, les troubles se coordonnent peu par les réseaux sociaux (discussion au pied de chez moi avec un policier avant hier). En réalité, cette idée est surtout du pain béni pour l'extrême droite qui s'érige désormais en défenseur de la liberté d'expression, conscient que son principal carburant - la colère - passe largement par les RS. Et au delà, c'est créer un précédent grave vers une limitation de la liberté d'expression qui pourrait être utilisé à mauvais escient, surtout lorsque l'on considère que l'ED est aux portes du pouvoir.
Le vrai sujet n'est pas à l'endroit des utilisateurs, mais bien à l'endroit des plateformes : Celles-ci ne remplissent absolument pas leur rôle, ne serait-ce qu'à l'égard du DSA. Les ingérences étrangères sont amplifiées, les fake-news et contenus dangereux mettent un temps inacceptable à être retirés. Nous nous sommes habitués à cette gouvernance déficiente et nous reportons nos griefs sur les utilisateurs. Nous n'avons pas ailleurs aucune idée sur ce que contiennent les algo de ces RS, et pourquoi certains contenus sur plus mis en avant que d'autres. Des principes qui sont inacceptables et sont eux réellement à dénoncer. Reste différentes questions ouvertes, comme celle consistant à définir si une boucle WhatsApp ou Telegram de plusieurs milliers de personnes est toujours une conversation privée. Le débat est en réalité très technique et il est dommage qu'il soit systématiquement ramené sur les mêmes idées, dont l'efficacité est plus que contestable. bfmtv.com/tech/actualites/re…
Le chantage n'aura pas été long à venir. Tirant les conséquences de la baisse de bande passante de starlink en Ukraine, la Commission propose de réserver le spectre hertzien en priorité aux opérateurs satellitaires européens, pour une évidente question de résilience.
Immédiatement Washington menace l'Europe de retortion si cela venait a être acté, en invoquant l'innovation et la "fair competition".
Les européens doivent faire leur deuil d'une relation normale av X les usa, admettre qu'il y aura confrontation et que cette confrontation aura un prix, mais que ce prix est celui de l'autonomie.
ft.com/content/d1e28d93-8574…
Gilles Babinet retweeted
Retrouver le livre ici en acces libre: longterme.org/2026/10/sortie…
Nb: Pas de lien direct avec les evenements récents mais explique certaines choses. Mais c’est pas en cassant que l’on résoudra ces problèmes, au contraire.
Zelenskyy explique que le ralentissement de Starlink pour les opérations militaires ukrainiennes est une opération planifiée par l'État fédéral.
Si les européens ne sont pas totalement anesthésiés, ils ne devraient pas analyser ça autrement que comme une immense mise en garde : celle que à tout moment, les services numériques américains peuvent être interrompus en fonction de leurs choix politiques.
ft.com/content/e26723df-9076… via @FT
Gilles Babinet retweeted
💣 اعتراف صادم من سام ألتمان: "توقعاتي كانت خاطئة تماماً.. رغم تطوير الذكاء الاصطناعي، لم يتغير العالم قيد أنملة، ونحن نواجه التزامات مالية بـ 100 تريليون دولار، ونواجه قضايا من كل اتجاه. بصراحة، قد نكون في ورطة حقيقية!" 📉🤯
الرجل الذي روّج طويلاً لفكرة أن "الذكاء الاصطناعي سيسرق كل الوظائف ويعيد تشكيل العالم بين عشية وضحاها" يرفع الراية البيضاء ويعترف بالحقيقة المرة:
وهم التغيير السريع: "كنت أعتقد أن إطلاق GPT-4 سيقلب قطاع البرمجيات رأساً على عقب في لمح البصر.. لكن الواقع كان مختلفاً تماماً، لقد أخطأت في تقدير سرعة تغير المجتمع."
القصور الذاتي للبشر (Inertia): استخف ألتمان بمدى "كسل" الاقتصاد والمجتمع البشري. مهما كان الذكاء الاصطناعي خارقاً، فالناس يستيقظون ويؤدون أعمالهم بالطريقة نفسها، ويشترون من الشركات القديمة ذاتها. المجتمع لا يتحرك بالسرعة والرشاقة التي يتخيلها مهندسو التقنية.
تغيير السلوك البشري: "كنت أظن أننا إن صنعنا أداة مذهلة، سيقفز الجميع لاستخدامها فوراً".. لكن تبين أن تغيير العادات اليومية أو القواعد المؤسسية البالية أصعب بمئة مرة من بناء الذكاء الاصطناعي نفسه.
التقنية سابقة لعصرها: التكنولوجيا هي الأقوى في تاريخ البشرية بلا منازع، لكن "العنصر البشري والنظم الاجتماعية" عاجزون عن مواكبة هذا التسارع.
الخلاصة المرة: بناء نموذج خارق أسهل بكثير من محاولة إقناع البشر بتغيير طرق حياتهم القديمة! 💀
احفظ التغريدة بـ Bookmark 🔖 وشاركنا: هل تعتقد أن البشرية حقاً مقاومة للتغيير إلى هذا الحد، أم أن ثورة الذكاء الاصطناعي لم تضرب بقوة كافية بعد؟ 🧵👇
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التغريدة تحرف تصريحات سام ألتمان وتضيف تفاصيل غير موجودة. قال ألتمان في مقابلته مع ديفيد سينرا إنه أخطأ في سرعة تبني الذكاء الاصطناعي بسبب inertia الاقتصاد واعتبر ذلك إيجابياً لانتقال أسلس، دون ذكر التزامات بـ100 تريليون دولار أو ورطة أو قضايا.
davidsenra.com/episode/sam-al…
calcalistech.com/ctechnews/arti…
techspot.com/news/113607-we…
Le point auxiliaire à cette observation de l'ami Vittori, qui n'est pas sans importance, c'est qu'on est probablement pas prêts de se retrouver directement sous la tutelle du FMI. Aussi choquant que cela peut être pour certains, notre problème n'est pas le problème d'une France trop dispendieuse mais bien un problème interne, d'un surcroît d'épargne, qui devrait être plutôt affecté à la réduction des déficits du budget public.
Comme c'est une bonne nouvelle, vous n'en avez pas entendu parler, preuve n°14.672: la France a rétabli de manière spectaculaire ses échanges avec ses voisins.
Il y a dix ans, son déficit avec eux avait dépassé 2% du PIB. Cette année, il a disparu.
(graphe @ofceparis)
























