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Pour cela, notre jeunesse doit être préparée, psychologiquement et civiquement, à défendre la patrie. Se défendre n’est pas frapper le premier. C’est pouvoir infliger la défaite à qui nous attaque, neutraliser la menace, exercer le droit de poursuite dans les conditions requises.
Qu’on cesse de nous répéter que la solution passe essentiellement par le dialogue. Elle passe d’abord par notre capacité à nous défendre militairement et à faire respecter notre souveraineté dans la sous-région de l’Afrique centrale.
Plaidons pour la paix, soit. Mais préparons-nous à l’imposer par la force, s’il le faut.
(in carte blanche no 329)
Le conflit en RDC n’est pas politique, il est militaire. Il oppose les agresseurs de la République aux institutions légitimes du pays.
Un médiateur se tient à égale distance des deux camps. Or, entre la République et ceux qui l’attaquent, aucun patriote ne peut se tenir à égale distance. Prétendre le faire relève d’une aporie, c’est-à-dire d’une impasse logique que la rhétorique de la neutralité habille parfois d’un raisonnement captieux.
(Extrait de la carte blanche no 334)
C64 : Un lapsus révélateur
Carte blanche no 334
En s’érigeant en médiatrice entre le président de la République et la rébellion, la C64 a peut-être, sans le vouloir, avoué l’essentiel : elle ne se considère pas comme partie au conflit. Sur ce point, elle a raison. Ce conflit n’est pas politique, il est militaire. Il oppose les agresseurs de la République aux institutions légitimes du pays.
Mais un médiateur se tient à égale distance des deux camps. Or, entre la République et ceux qui l’attaquent, aucun patriote ne peut se tenir à égale distance. Prétendre le faire relève d’une aporie, c’est-à-dire d’une impasse logique que la rhétorique de la neutralité habille parfois d’un raisonnement captieux.
La C64 doit donc choisir. Soit elle demande officiellement à rejoindre l’équipe de facilitation, avec la neutralité qu’impose ce rôle. Soit elle se range derrière le président de la République, qui incarne la légalité républicaine.
Lorsque la souveraineté nationale est en péril, se ranger aux côtés du chef de l’État face à la guerre d’agression ne signifie nullement renoncer à combattre sa politique. C’est distinguer le désaccord politique du devoir patriotique, la défense de la Nation des ambitions partisanes. On peut contester les choix d’un gouvernement sans se tromper de combat lorsque l’intégrité du territoire est en jeu.
Contrôle parlementaire : la preuve par l’enseignement supérieur
L’Assemblée nationale vient de rappeler que le contrôle parlementaire n’est pas qu’un rituel. Une enquête a été menée sur la gestion des frais académiques et des frais connexes ; la ministre a été entendue ; un rapport a été établi. La plénière a recommandé des sanctions.
L’initiative est venue de la majorité, et c’est la majorité qui l’a votée. La méthode n’a pas été sacrifiée : entendre d’abord, établir les faits, tirer ensuite les conséquences. La solidarité politique n’a pas tenu lieu de protection ; la rumeur n’a pas tenu lieu de preuve. Il y fallait le respect de la procédure et la discipline de la famille politique.
Le Parlement a fait son office. À l’exécutif, désormais, d’assumer le sien. Une recommandation sans suite affaiblirait le contrôle même qui vient de faire ses preuves.
Le contrôle a fonctionné. Reste la suite. Une majorité exigeante envers elle-même ne trahit pas le chef de l’État. Elle en sert la crédibilité. La coïncidence est parfaite avec la carte blanche n° 332 du 27 octobre 2026.
Vouloir rencontrer d’une part le Président de la République, d’autre part un Président honoraire condamné pour trahison, c’est risquer de placer sur un même plan le Chef de l’État élu et le chef d’une rébellion. Une telle neutralité profite, qu’on le veuille ou non, à celui qui a pris les armes contre les institutions.
L’équidistance entre l’agressé et son agresseur n’est pas la neutralité.
(Extrait de la carte blanche n° 333)
#RDC #C64
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C64 : l’équidistance n’est pas la neutralité
Carte blanche no 333
Réunie à Rome, la C64 a publié une déclaration qu’il faut d’abord lire pour ce qu’elle tait.
Elle se réclame de l’article 64, qui commande de faire échec à quiconque s’empare du pouvoir par la force. Or celui qui le tente aujourd’hui a un nom : le FRN de Joseph Kabila. La déclaration ne le nomme pas ; elle ne nomme pas davantage le Rwanda, pourtant désigné par la résolution 2773 qu’elle invoque. L’agresseur s’efface derrière la formule commode des « parties au conflit ». Sous les mots de la neutralité affleurent des silences.
Vouloir rencontrer d’une part le Président de la République, d’autre part un Président honoraire condamné pour trahison, c’est risquer de placer sur un même plan le Chef de l’État élu et le chef d’une rébellion. Une telle neutralité profite, qu’on le veuille ou non, à celui qui a pris les armes contre les institutions.
L’équidistance entre la République et ceux qui l’attaquent n’est pas la neutralité.
Se ranger aux côtés du Chef de l’État face à la guerre d’agression ne signifie nullement renoncer à combattre sa politique. C’est distinguer le désaccord politique du devoir patriotique, la défense de la Nation des ambitions partisanes. On peut contester les choix d’un gouvernement sans se tromper de combat lorsque l’intégrité territoriale et la souveraineté nationale sont en jeu.
« Pas d’issue militaire » ? La voie politique, c’est le Président qui l’a ouverte, à Washington comme à Doha. Mais négocier sans rapport de force, c’est exposer le compromis à devenir capitulation.
Verser la gouvernance des protocoles de Doha dans le dialogue national, c’est ouvrir la voie à l’institutionnalisation des revendications de la rébellion.
Suggérer à nos partenaires que les accords de Washington dépendraient de nos querelles internes, c’est affaiblir la parole de la Nation.
Nul ne prétend s’affranchir de la Constitution.
La loi référendaire n’en modifie aucune disposition ; elle a été revotée après prise en compte des réserves de la Cour constitutionnelle. Le référendum est l’expression directe de la souveraineté du peuple. On ne peut se réclamer du peuple et récuser par principe toute consultation de sa consultation.
En définitive, l’unité nationale face à l’agression n’exige ni l’uniformité politique ni le renoncement à l’opposition. Elle exige que le désaccord partisan ne brouille jamais la frontière entre la République et ceux qui la combattent. L’opposition a toute sa place dans la vie nationale, à condition de ne jamais confondre l’adversaire politique et l’agresseur.
Gouvernement : pour des sanctions à l’égard des ministres défaillants
Carte blanche no 332
Dans un régime semi-parlementaire, la cohésion de la majorité ne se décrète pas. Elle se nourrit de la qualité de l’action gouvernementale et de la confiance que les élus veulent bien accorder. Or, les comparutions ministérielles devant l’Assemblée nationale tendent à s’enliser dans la routine : réponses évasives, complaisance de circonstance, suites incertaines. La discipline majoritaire ne doit pourtant ni étouffer les interrogations légitimes ni dispenser le gouvernement de rendre compte. Soutenir n’est pas renoncer à contrôler.
Que la compétence de certains ministres soit contestée, que leur gestion prête le flanc à des soupçons d’enrichissement injustifié : les faits doivent être établis, les responsabilités fixées. Ni la rumeur ne tient lieu de preuve, ni l’appartenance à la majorité ne saurait servir de protection. Le dialogue politique en perspective ne peut ni retarder la correction des défaillances avérées ni faire obstacle au pouvoir discrétionnaire du Président de la République pour un réajustement gouvernemental qui s’avère nécessaire.
Le contrôle parlementaire, singulièrement les questions orales avec débat, doit arracher des réponses précises et produire des suites concrètes. Il y va d’une acribie sans relâche. Sans elle, le contrôle dégénère en rituel, dilue l’imputabilité politique et entame la crédibilité de toute la majorité.
Lorsque l’opposition pèse peu, la vigilance au sein de la majorité devient d’autant plus indispensable. Insuffisances gouvernementales, soupçons de malversations, invisibilité persistante de certains ministres ; autant de motifs d’un examen rigoureux, sans confondre présomption et preuve. Les députés qui couvrent les défaillances risquent d’en devenir les cautions et d’en payer le prix électoral. La complaisance, cette obséquiosité de circonstance, n’est jamais une stratégie durable.
Alerter, demander des comptes, c’est contribuer à corriger les dérives, soutenir utilement l’action du président de la République et préserver sa crédibilité.
Pour ne pas galvauder l’action de son Chef, la majorité doit être exigeante envers elle-même. Sanctionner les membres gouvernement défaillants n’est pas trahir sa famille politique. C’est assumer sa responsabilité envers les citoyens.
Je remercie l’ honorable Gaston Musemena, ancien ministre de l’Enseignement primaire et secondaire, pour son honnêteté intellectuelle.
Bien qu’il appartienne aujourd’hui à une famille politique opposée à la mienne, il reconnaît la pertinence de plusieurs propositions que je lui avais faites à l’époque pour sortir ce secteur du gouffre. À ces jours, elles sont toutes couvertes de poussière dans les tiroirs du ministère de l’éducation nationale.
Je l’ ai rappelé maintes fois dans certaines de mes cartes blanches. D’aucuns auraient pu y voir un canular destiné à l’autocélébration. Il a prouvé que les idées se jugent pour ce qu’elles valent, et non selon le visage ou la couleur politique de celui qui les porte.
Toutefois, je lui rappelle qu’à l’époque concernée, c’est l’ancien Président Joseph Kabila qui était le Chef de l’ Exécutif.
Ci-dessous, l’intégralité de son message :
Cher aîné et collègue Steve Mbikayi,
Oui, vous m'avez proposé beaucoup de choses , fruit de votre libre pensée positive, notamment la suppression des épreuves d'évaluation des élèves dites Examen d'Etat, convaincu qu'elles ne reflétaient plus le niveau réel des élèves, à juste titre d'ailleurs, mais , collègue, nous n'étions que membres d'un gouvernement qui avait un chef impulseur dans un régime de coalition et qui avait déjà défendu le programme de son gouvernement à l'assemblée nationale sans faire allusion à ces réformes, considérées par moi, majeures.
A l'enseignement primaire , secondaire , technique et professionnel, l'Examen d'Etat était devenu (et est encore) presqu'une institution, notamment thermomètre de l'unité et de la cohésion nationale , donc un enjeu politique de taille.
A mon humble avis , et je reconnais que je peux aussi me tromper, il y a des réformes qui dépendent totalement de la politique générale du pays à être présentées et défendues par un candidat président de la République pendant la campagne électorale et le gouvernement qu'il va mettre en place s'il gagnait va les dérouler dans son programme pour obtenir le quitus des représentants du peuple.
Revenant à votre préoccupation principale de l'esprit de guerre , de l'imposition militaire,...je pense aussi , et je peux toujours me tromper , qu'il devait s'agir de la vision du leader principal du régime à insuffler à son peuple par son comportement de fureur de vaincre, de sacrifices physiques et morales pour y parvenir. Il va sans dire que tous ses collaborateurs et membres de sa famille politique et biologique devraient l'accompagner dans cette vision .
J'ai eu la chance de faire plusieurs jours en Chine sur les traces de Mao Tse Tung ( dans plusieurs provinces et dans plusieurs villages) pour comprendre le rôle exemplaire d'un leader dans une révolution qualitative .
Prêchons par l'exemple pour convaincre le peuple et le peuple va nous suivre . Je parle de nous dirigeants ,tous , sans distinction partisane . Parler sans jamais prêcher par l'exemple, par les sacrifices , la bonne gouvernance rassurante de l'ensemble de la même population dont on se reclame protecteur...ne peut rassurer ce même peuple qui est réellement intelligent et qui observe nos faits et gestes , nos discours et nos actes concrets
Cher collègue, je dois être sincère avec vous comme toujours, j'apprécie beaucoup votre courage et j'aime non seulement lire vos cartes blanches mais aussi vos échanges dans des groupes.
Gaston Musemena Bongala
Ancien ministre de l’EPST
Loi sur le référendum et dialogue politique : plaidoyer pour une démocratie du désaccord
Carte blanche n° 331
La loi portant organisation du référendum vient d’être adoptée sur fond de boycott de l’opposition parlementaire et de critiques d’une partie de la société civile. Face à cette controverse, une exigence s’impose : confronter nos idées et reconnaître la légitimité de l’adversaire, dans le respect des règles communes. Des débats télévisés équitables, notamment sur les médias publics, permettraient de soumettre les réformes à une véritable disputatio et d’éclairer le jugement citoyen en prévision d’un éventuel référendum. Le chef de l’État ayant annoncé l’imminence des structures de dialogue national, rien n’est encore définitivement tranché. La discussion peut toujours influer sur la suite des événements.
La démocratie n’est pas un orchestre condamné à l’unisson. Des voix différentes peuvent s’y faire entendre sans qu’aucune renonce à sa singularité. Ce qui les rassemble n’est pas l’obligation de jouer la même note, mais le respect d’une partition commune ; les règles qui permettent à chacun de s’exprimer et à tous de vivre ensemble. Majorité et opposition, nous pouvons défendre des convictions opposées sans se regarder en ennemis. Nos stratégies politiques peuvent s’opposer sans que l’une ou l’autre soit contraire aux intérêts du peuple.
Notre pays a payé un lourd tribut à l’intolérance et à la radicalisation des antagonismes. Les drames que nous avons connus, et dont les conséquences pèsent encore sur notre destin collectif, devraient nous avoir appris à combattre une idée sans disqualifier celui qui la porte, à défendre une conviction sans dénier à l’autre le droit d’en avoir une différente. Il ne s’agit pas de céder à un irénisme de façade, mais de faire du désaccord une force de la démocratie.
La démocratie exige de vivre ensemble malgré nos désaccords. Au sein de la majorité, nous devons assumer nos choix sans mépris ; l’opposition, quant à elle, a le droit de les contester sans diabolisation. Car, la République n’appartient à aucun camp, mais à tous les Congolais.
STEVE MBIKAYI retweeted
Octobre Rose au Cartésien ! Nos élèves se sont rassemblés pour soutenir la sensibilisation au cancer du sein.
#OctobreRose #LeCartesien #PinkOctober #Kinshasa #Solidarite
Certains furent de grands défenseurs du régime Tshisekedi durant son premier mandat. L’impatience les a conduits dans l’opposition radicale. D’autres vont jusqu’à pactiser avec leur bourreau d’hier contre celui qui les avait fait sortir de ses geôles. Les alliances changent, dira-t-on. Soit. Mais faut-il, pour combattre un adversaire d’aujourd’hui, remettre son destin entre les mains de son bourreau d’hier ?
La politique est un monde d’intérêts. Elle exige de récompenser la fidélité et la combativité. Mais elle exige aussi de savoir attendre, de supporter les revers et de préparer un retour sans tout compromettre. On peut s’opposer sans prendre les armes. On peut perdre une place sans renoncer à toute mesure. Il faut surtout cultiver la patience. Elle est amère, mais son fruit est doux. Encore faut-il ne pas détruire, dans un accès de colère, ce que l’avenir vous réserve.
(in carte blanche no 330)
On peut comprendre le désarroi des chefs du FRN, condamnés à mort, sans justifier leur entreprise. Une expression en lingala en traduit la logique : « Soki na zui manduki, na kokufa. Soki na zui manduki te, na kokufa. Soki boye, na zua kaka manduki bongo nakufa. » En d’autres termes : que je prenne les armes ou non, je mourrai ; autant les prendre et mourir en combattant.
C’est la logique du désespoir. Lorsqu’on croit n’avoir plus rien à perdre, le pire lui-même finit par prendre les apparences d’une issue. Mais ce qui explique un choix ne suffit pas à le rendre raisonnable. Encore moins à en faire une voie à suivre.
Car notre préoccupation est ailleurs. Elle concerne ceux qui les suivent. Ceux qui hésitent. Ceux qui, déçus, frustrés, impatients ou par naïveté, préparent déjà leurs valises pour les rejoindre.
Eux ne sont pas condamnés à mort. Pourquoi lieraient-ils leur avenir à celui d’hommes qui le sont ?
(in carte blanche no 330)
Trois hommes, trois parcours, une même sentence. Joseph Kabila, Corneille Nangaa et Sultani Makenga sont tous frappés d’une condamnation à mort. Certains subissent, en outre, des sanctions américaines. Leur liberté demeure étroitement corsetée ; le monde ne leur est plus ouvert ; seuls quelques pays africains qui soutiennent leur entreprise leur offrent encore une porte.
Plutôt que de finir dans une geôle de Kinshasa ou de comparaître devant la CPI, ils ont choisi de s’enfermer eux-mêmes dans une prison à ciel ouvert : les territoires congolais occupés. Ils y cherchent un refuge. Ils y entraînent d’autres destins.
(in tribune libre no 330)
FRN : un conglomérat de condamnés à mort
Carte blanche n° 330
Trois hommes, trois parcours, une même sentence. Joseph Kabila, Corneille Nangaa et Sultani Makenga sont tous frappés d’une condamnation à mort. Certains subissent, en outre, des sanctions américaines. Leur liberté demeure étroitement corsetée ; le monde ne leur est plus ouvert ; seuls quelques pays africains qui soutiennent leur entreprise leur offrent encore une porte.
Plutôt que de finir dans une geôle de Kinshasa ou de comparaître devant la CPI, ils ont choisi de s’enfermer eux-mêmes dans une prison à ciel ouvert : les territoires congolais occupés. Ils y cherchent un refuge. Ils y entraînent d’autres destins.
On peut comprendre le désarroi de ces hommes sans justifier leur entreprise. Une expression en lingala en traduit la logique : « Soki na zui manduki, na kokufa. Soki na zui manduki te, na kokufa. Soki boye, na zua kaka manduki bongo nakufa. » En d’autres termes : que je prenne les armes ou non, je mourrai ; autant les prendre et mourir en combattant.
C’est la logique du désespoir. Lorsqu’on croit n’avoir plus rien à perdre, le pire lui-même finit par prendre les apparences d’une issue. Mais ce qui explique un choix ne suffit pas à le rendre raisonnable. Encore moins à en faire une voie à suivre.
Car notre préoccupation est ailleurs. Elle concerne ceux qui les suivent. Ceux qui hésitent. Ceux qui, déçus, frustrés, impatients ou par naïveté, préparent déjà leurs valises pour les rejoindre.
Eux ne sont pas condamnés à mort. Pourquoi lieraient-ils leur avenir à celui d’hommes qui le sont ? Pourquoi feraient-ils d’un déboire politique une rupture sans retour ?
La déception n’est pas une condamnation. L’attente n’est pas une défaite. Et l’éloignement du pouvoir n’oblige personne à prendre le chemin de la rébellion.
Certains furent de grands défenseurs du régime Tshisekedi durant son premier mandat. L’impatience les a conduits dans l’opposition radicale. D’autres vont jusqu’à pactiser avec leur bourreau d’hier contre celui qui les avait fait sortir de ses geôles. Les alliances changent, dira-t-on. Soit. Mais faut-il, pour combattre un adversaire d’aujourd’hui, remettre son destin entre les mains de son bourreau d’hier ?
La politique est un monde d’intérêts. Elle exige de récompenser la fidélité et la combativité. Mais elle exige aussi de savoir attendre, de supporter les revers et de préparer un retour sans tout compromettre. On peut s’opposer sans prendre les armes. On peut perdre une place sans renoncer à toute mesure. Il faut surtout cultiver la patience. Elle est amère, mais son fruit est doux. Encore faut-il ne pas détruire, dans un accès de colère, ce que l’avenir vous réserve.
Le désespoir accule ; il ne délibère pas. Pour justifier leur ralliement à la rébellion, certains ont posé cette question cruciale : « Si l'on vous affame chez vous, accepteriez-vous de mourir sans rien faire ? » Une révolte dictée par les tripes et la faim ne s'encombre pas de rationalité.
À tous ceux qui préparent leurs valises pour rejoindre Goma, nous lançons donc un appel à la retenue. Ne confondez pas votre déception avec leur impasse. Ne liez pas votre destin à celui de condamnés à mort : vous tomberiez dans un traquenard.
Conseil de sagesse.
Notre jeunesse doit être préparée, psychologiquement et civiquement, à défendre la patrie. Se défendre n’est pas frapper le premier. C’est pouvoir infliger la défaite à qui nous attaque, neutraliser la menace, exercer le droit de poursuite dans les conditions requises.
Qu’on cesse de nous répéter que la solution passe essentiellement par les dialogues. Elle passe d’abord par notre capacité à nous défendre militairement et à faire respecter notre souveraineté dans la sous-région de l’Afrique centrale, en gardant le doigt sur la gâchette et la main sur le levier diplomatique.
Plaidons pour la paix, soit. Mais préparons-nous à l’imposer par la force, s’il le faut.
(in carte blanche no 329)
Que nous manque-t-il, pour nous lever d’un seul élan et défendre la patrie ? Qu’est-ce donc qui nous empêche de faire de notre supériorité démographique un levier, de renverser le rapport de force, de contraindre le Rwanda à veiller enfin sur sa propre sécurité plutôt qu’à nourrir ses agressions contre la nôtre ?
Aujourd’hui, nous avons un Président dont la détermination à en découdre avec le Rwanda et ses supplétifs ne fait l’ombre d’aucun doute. Qu’est-ce qui croche ? Pourquoi nous laisser distraire ? Pourquoi prêter encore l’oreille à ceux qui nous endorment depuis des décennies ?
Un dialogue ne vaut que lorsqu’on est en mesure d’imposer le respect. Or le respect s’impose aussi par la capacité de défendre ses intérêts les armes à la main.
(in carte blanche no 329)
Hélas, nous réservons nos plus belles pages aux exploits de Jeanne d’Arc et aux fureurs de la Révolution française, et nous n’accordons pas toujours à notre propre histoire, ni à la défense de notre souveraineté, la place qui leur revient. C’est une aliénation intellectuelle. Elle se paie.
Lorsque j’étais ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire, j’avais proposé à mon collègue de l’Enseignement primaire et secondaire de mettre sur pied une structure chargée de repenser nos programmes, afin d’en tirer un enseignement qui servît la décolonisation mentale de notre peuple. La proposition est restée dans les tiroirs, à dormir sous la poussière. Combien d’autres y dorment encore ?
Une jeunesse vraiment formée au patriotisme finirait par se demander pourquoi un pays petit, petit par la population, petit par les ressources, parvient à nous malmener depuis plus de trente ans. Qu’a-t-il donc de plus que nous ? Peut-être le courage. La discipline. Le patriotisme de sa jeunesse.
(in carte blanche no 329)
Depuis plus de trente ans, nous enseignons à notre jeunesse que, lorsqu’un pays est agressé, la meilleure solution est de négocier avec l’agresseur, et de négocier entre nous. Voilà une singulière école du patriotisme. À ce compte, nous devrions aussi apprendre à nos enfants que, lorsque des brigands ont franchi le seuil de la maison, la réponse la plus sage est de parlementer sans fin avec eux, tandis qu’ils s’installent dans les chambres.
Non. Cette conception doit cesser.
Si, durant ces trente années, notre enseignement civique avait dit à nos enfants que leur pays est agressé et qu’une part de son sol est aux mains du Rwanda, peut-être aurions-nous vu lever une autre culture nationale.Celle de la préparation militaire, de la défense de la patrie, de la reconquête de notre souveraineté. Si nos programmes leur avaient appris qu’ils peuvent s’engager, se former, se tenir prêts à affronter l’adversaire pour défendre l’intégrité du territoire, les choses eussent peut-être pris un autre cours.
(in carte blanche no 329)
On nous le répète sur tous les tons, avec cette obstination tranquille qu’on met à faire entrer une rengaine dans une tête dure: la crise congolaise n’aurait point de solution militaire ; tout devrait être confié au dialogue. Dialogue avec le pays agresseur. Dialogue avec l’opposition armée. Dialogue avec l’opposition politique. Dialogue, dialogue, dialogue. Et beaucoup de Congolais, hélas, reprennent ce refrain, comme si la litanie tenait lieu de stratégie.
Pourtant, depuis les premières heures de l’agression rwandaise, les dialogues se sont déposés couche après couche, ainsi qu’un palimpseste dont on gratterait sans cesse le texte sans jamais oser y écrire autre chose. Celui de l’Outeniqua, entre Laurent-Désiré Kabila et Mobutu, sous la médiation de Nelson Mandela. Le Dialogue intercongolais de Sun City, facilité par Thabo Mbeki, alors président de l’Afrique du Sud. Le dialogue de la Cité de l’Union africaine. Celui de la CENCO. Le « dialogue » de Doha. Le « dialogue » de Washington…
Sous tant de couches, le fond n’a pas bougé d’un pouce. Ni Doha ni Washington n’ont rendu à la RDC et au Rwanda autre chose que le loisir de se revoir. Sur le terrain, la mort poursuit son lent travail de fourmi. Les Congolais continuent de mourir. Notre territoire demeure occupé. Le pays, à la longue, ressemble à un cénotaphe à ciel ouvert : un tombeau sans corps, parce que les corps, eux, ne reviennent jamais.
(in carte blanche no 329)
Agression de la RDC : la solution est militaire
Carte blanche n° 329
On nous le répète sur tous les tons : la crise congolaise n’aurait point de solution militaire ; tout devrait être confié au dialogue. Dialogue avec l’agresseur. Dialogue avec l’opposition armée. Dialogue avec l’opposition politique. Dialogue, dialogue, dialogue. Et beaucoup de Congolais reprennent ce refrain, comme si la litanie tenait lieu de stratégie.
Pourtant, depuis les premières heures de l’agression rwandaise, les dialogues se sont succédé sans changer le fond : Dialogue de l’Outeniqua sous la médiation de Nelson Mandela, dialogue de Sun City, facilité par le président Sud africain Thabo Mbeki, celui de la cité de l’Union Africaine, présidé par Edem Kodjo, celui de la CENCO, de Doha ou de Washington, ils n’ont offert aux protagonistes que le loisir de se revoir. Sur le terrain, la mort poursuit son lent travail de fourmi. Les Congolais continuent de mourir. Notre territoire demeure occupé.
Depuis plus de trente ans, nous enseignons qu’il faut négocier lorsqu’on est agressé. Singulière école du patriotisme ! Apprendrait-on à nos enfants que, lorsque des brigands ont franchi le seuil de la maison, la réponse la plus sage est de parlementer sans fin avec eux, tandis qu’ils s’installent dans les chambres ?
Non. Cette conception doit cesser.
Si pendant les trente ans d’agression, notre enseignement civique avait appris à notre jeunesse qu’une part de son sol est occupée et qu’elle doit se former pour défendre l’intégrité du territoire, peut-être aurions-nous vu naître une autre culture nationale. Celle de la préparation permanente, de la défense de la patrie, de la reconquête de notre souveraineté, plutôt que des appels ponctuels d’enrôlement dans l’armée.
Hélas, nous réservons nos plus belles pages aux exploits de Jeanne d’Arc, à Charlemagne ou à la Révolution française, sans toujours accorder à notre propre histoire la place qui lui revient. C’est une aliénation intellectuelle. Elle se paie.
Lorsque j’étais ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire, j’avais proposé à mon collègue de l’Enseignement primaire et secondaire de repenser nos programmes pour servir notamment la décolonisation mentale de notre peuple. La proposition est restée dans les tiroirs, à dormir sous la poussière. Combien d’autres y dorment encore ?
Une jeunesse ainsi formée finirait par s’interroger. Comment un pays si petit par sa superficie, sa population et ses ressources parvient-il à nous malmener depuis trente ans ? Qu’a-t-il de plus que nous ? Peut-être une préparation plus rigoureuse, une discipline plus constante, un patriotisme mieux cultivé.
Que nous manque-t-il pour nous lever et défendre la patrie ? Comment transformer notre supériorité démographique en capacité de défense, renverser le rapport de force, exercer notre droit de poursuite et contraindre le Rwanda à veiller sur sa propre sécurité plutôt qu’à menacer la nôtre ?
Aujourd’hui, nous avons un Président qui affiche sa détermination à en découdre avec le Rwanda et ses supplétifs. Qu’est ce qui croche ? Pourquoi prêter encore l’oreille aux discours qui nous endorment depuis des décennies ?
Dialoguer est une bonne chose. Mais un dialogue ne vaut que lorsqu’on est en mesure d’imposer le respect. Or le respect s’impose aussi par la capacité de défendre ses intérêts les armes à la main.
Pour cela, notre jeunesse doit être préparée, psychologiquement et civiquement, à défendre la patrie. Se défendre n’est pas frapper le premier. C’est pouvoir résister à l’agression, neutraliser la menace et infliger la défaite à qui nous attaque.
La paix ne se construit pas sur notre impuissance. Elle exige que nous retrouvions les moyens de faire respecter notre souveraineté.
Plaidons pour la paix, soit. Mais préparons-nous à l’imposer par la force, s’il le faut.
Le reste est une distraction.








