
CEO of AgroClimat2050 | PhD in agrometeorology | Vice-President & Stormchaser Infoclimat | Conference / Speaker #agriculture #globalwarming #FrAgTw 🇫🇷 🇱🇧
Montpellier, France
Joined March 2015
- Tweets26.8K
- Following3.2K
- Followers119K
- Likes43.9K
Pinned Tweet
[A partager] Je fais mon poste le plus important de l'année 2026 et j'ai besoin de vous :) ! Ça fait maintenant près de 2 ans que le réalisateur Adrien Bellay est venu à ma rencontre avec une proposition un peu particulière : me suivre au long cours pour raconter mon engagement face à la montée du climatoscepticisme. Aujourd'hui, on tourne un film de cinéma. Il s'appellera La Bataille Climatique.
Et vous savez quoi ? J’ai dit oui. Depuis, sa caméra m’accompagne sur le terrain, dans mes déplacements, mes conférences, mes rencontres avec les agriculteurs… mais pas seulement. Adrien m’entraîne aussi vers des rencontres dont je ne connais parfois presque rien à l’avance.
Et ce n’est que le début. Il nous reste encore beaucoup à filmer : de nouvelles rencontres avec le monde agricole et la communauté scientifique, des échanges avec des spécialistes de l’esprit critique, des discussions avec des climatosceptiques… et, on l’espère, quelques mémorables chasses à l’orage ! La Bataille Climatique nous plongera là où se confrontent les réalités du terrain, les faits scientifiques et nos résistances à les entendre. À travers mon parcours, le film racontera aussi une question plus large : quelle place peut encore occuper la parole scientifique dans le débat public, à l’heure où le changement climatique s’accélère et où la désinformation gagne du terrain ?
Notre ambition est de faire vivre cette histoire sur grand écran, dans les salles de cinéma partout en France, puis de venir à votre rencontre pour échanger, débattre et raconter les coulisses de cette aventure.
Dans les prochaines semaines, une campagne de financement participatif sera lancée par Adrien et son équipe pour permettre au film de franchir une nouvelle étape. Inscrivez-vous dès maintenant pour accéder en avant-première à la campagne et découvrir les coulisses du film : fr.ulule.com/la-bataille-cli….
Je vous partage le visuel de la campagne que je trouve magnifique :) Et PS : je ne touche rien de la cagnotte. Je fais ce film en tant que passionné de façon bénévole. Merci pour vos futures contributions 💓
[Sécheresse] La sécheresse recule localement, mais ses conséquences sur l'élevage pourraient être dramatiques. Et on n'en parle pas assez.
Si la situation s'améliore dans le Nord-Ouest et le Sud-Est, la sécheresse touche encore 70 % du territoire français. À l'échelle nationale, l'indicateur moyen d'humidité des sols n'est toujours pas remonté au-dessus des 40 %, seuil caractérisant ici la sécheresse.
La sécheresse de 2026 poursuit ainsi son échappée, avec une intensité qui dépasse de TRÈS LOIN les précédents records.
Si les dernières pluies apportent un répit à certaines cultures et forêts, il est malheureusement trop tard pour une grande partie de notre production fourragère. Si les pluies reviennent plus tard dans l'automne, il fera trop frais/froid pour rattraper le retard. Et les conséquences pourraient être EXTRÊMEMENT graves pour nos éleveurs.
Je vous explique pourquoi.
➡️ Au printemps, les prairies produisent généralement l'essentiel de leur fourrage annuel. Une partie de cette herbe est récoltée et stockée sous forme de foin ou d'ensilage pour nourrir les animaux pendant l'hiver.
➡️En été, lorsque la sécheresse s'installe, l'herbe ne pousse plus suffisamment. Les éleveurs doivent alors commencer à puiser dans leurs réserves, parfois plusieurs mois plus tôt que prévu.
➡️En automne, si la sécheresse persiste, les prairies ne repartent pas ou trop peu. Les stocks constitués au printemps continuent donc de diminuer, sans possibilité de les reconstituer suffisamment.
➡️ En hiver, c'est là que le piège se referme : les réserves peuvent être épuisées alors que les prairies ne produisent quasiment plus rien (i.e. il fait trop froid). Il faut pourtant continuer à nourrir les animaux jusqu'au printemps suivant !
Et lorsque les stocks ne suffisent plus, les éleveurs peuvent être contraints de DÉCAPITALISER leur cheptel. Autrement dit : vendre une partie de leurs animaux, parfois même des "reproducteurs" qu'ils auraient normalement conservés.
Les conséquences économiques peuvent être considérables, à deux échelles de temps :
➡️À court terme : l'arrivée simultanée d'un grand nombre d'animaux sur les marchés peut provoquer une chute des prix, précisément au moment où les éleveurs ont besoin de trésorerie.
➡️À moyen et long terme : moins d'animaux dans les exploitations, c'est une capacité de production réduite pendant plusieurs mois, voire plusieurs années. Reconstituer un cheptel prend du temps et coûte cher.
La sécheresse de 2026 ne se terminera donc pas, pour nos éleveurs, avec les premières pluies significatives...
La France, au niveau national, est toujours en sécheresse. Les sols ne sont remplis qu'à 28% (seuil "sécheresse" à 40%, graphique 1)
La sécheresse 2026 fait donc toujours course en tête, seule (graphique 2). Elle est de très loin la sécheresse la plus importante jamais observée en France depuis le début des mesures.
La situation s'améliore (en moyenne) mais cache de fortes disparités régionales (carte 3). Les récents déluges dans le sud font remonter la moyenne nationale. Mais nous restons fréquemment au niveau désertique à 0% d'eau de la Vendée à l'Alsace (alors que nous sommes fin octobre !).
Dans certains coins de l'Hérault, nous vivons l'un des années les plus humides depuis le début de mesure. Au sein de cette année, nous avons vécu la sécheresse la plus importante (graphique 4). La sécheresse estivale a été encadrée par des déluges en hiver et à l'automne : il n'y a pas eu de demi-mesures !
Toutes ces données seront prochainement disponibles gratuitement sur tous les points de France sur agrometeorologie.fr.
C'est juste monstrueux ce qui s'est passé à Solenzara aujourd'hui. Les records volent en éclat. Je le rappelle : une mer plus chaude, sous l’effet du changement climatique d’origine humaine, favorise l’évaporation et fournit davantage de chaleur et d’humidité à l’atmosphère.
108.6 mm en 30 min (record national)
196.2 mm en 1h (record national)
334.0 mm en 2h (record national)
420.6 mm en 3h (record national)
560.8 mm en 24h
>700mm en estimation radar.
Bon je vous la fais simple : il est tombé en une journée ce qu'il tombe à Paris en 1 an. Il est tombé en 3h ce qu'il est tombé à Paris depuis le début de l'année !
🔴Et de deux ! Plus de 300 mm de pluie en quelques heures sont attendus sur les mêmes secteurs que ceux touchés le 30 septembre dernier, avec probablement un nouveau déclenchement de la VIGILANCE ROUGE dans l'après-midi.
Mais cette fois-ci, la situation hydrologique est radicalement différente. Sur ces mêmes territoires, les sols sont désormais remplis à 70 à 90 % de leur capacité de rétention en eau, laissant craindre une saturation extrêmement rapide et des inondations importantes.
Le 30 septembre, le ruissellement avait notamment été favorisé par des sols très secs, incapables d'absorber suffisamment rapidement des précipitations aussi intenses. Cette fois-ci, c'est l'inverse : les sols sont déjà très humides et risquent de ne plus pouvoir absorber les nouvelles pluies. On passe d'un extrême à l'autre après une sécheresse majeure. Ca devient n'importe quoi.
Le Languedoc est la seule région françaiss où l'humidité des sols est actuellement satisfaisante. Presque partout ailleurs, la sécheresse persiste ! De la Vendée à l'Alsace, certains secteurs affichent encore des niveaux de remplissage proches de 0 %.
Malgré ces excès d'eau dans le Languedoc, au 19 octobre, la sécheresse moyenne nationale est la plus importante jamais observée à cette période de l'année.
Ca n'arrête décidemment pas ! Les 32°C sont (encore !) atteints en France en cette mi-octobre. Si les records ne sont pas dépassés, c'est la récurrence qui est impressionnante. Certaines villes, comme Dax, connaissent des journées à plus de 30 °C depuis le début du mois d’avril !
Le tout avec la sécheresse la plus importante jamais observée en France en octobre.
🏆🎬 [FILM ET PRIX] Deux immenses annonces à vous partager ! La première ? J’ai été élu PERSONNALITÉ ENGAGÉE DE L’ANNÉE 2026 ! Un prix décerné dans le cadre du salon PRODURABLE, avec LinkUp, qui vient récompenser mon combat en faveur du climat et de l’agriculture.
Mais c'est un comble : je n’ai pas pu monter à Paris pour recevoir mon prix… à cause de l’alerte rouge météorologique liée à l’épisode cévenol qui frappait Montpellier ! C’est, pour une fois, le chasseur d’orages s’est fait chasser par l’orage !...
Plus sérieusement, je tiens à remercier du fond du cœur toutes celles et ceux qui ont pris le temps de voter pour moi, les membres du jury, les organisateurs, et surtout toutes les personnes qui me soutiennent et m’accompagnent dans cet engagement depuis des années.
----------
DEUXIÈME ANNONCE : LE COMBAT POUR LE CLIMAT CONTINUE… AU CINÉMA !
Car oui, depuis un an et demi, je participe au tournage d’un véritable film de cinéma, réalisé par Adrien Bellay, qui s'intitulera LA BATAILLE CLIMATIQUE ! Un film pour raconter mon engagement, celui de toutes celles et ceux qui se battent pour le climat, la science et l'avenir de notre agriculture. Un film profondément humain, entre rencontres, doutes, combats, émotions et, bien sûr, chasses à l'orage !
Et l’ouverture de le levée de fond Ulule, c’est AUJOURD’HUI ! 50 JOURS pour réunir 80 000 € et donner vie à ce film sur grand écran ! Alors, cette fois-ci, j'i besoin de vous ! Mais vraiment !
Participez à la cagnotte (fr.ulule.com/la-bataille-cli…), partagez cette annonce, parlez-en autour de vous ! Je veux qu'on fasse un MAXIMUM DE BRUIT autour de ces deux annonces !
🏆 Un prix qui récompense la bataille menée pour le climat.
🎬 Un film pour poursuivre cette bataille sur grand écran.
P.S. : Bon, je fais le malin avec un beau poste, mais je suis quand même ému de tout cela. Merci à tous... 💓
Serge Zaka
[Sécheresse] Sur les derniers chiffres, la sécheresse de 2026 PULVERISE littéralement tous les antécédents connus en France (et même 1976 et 2022). Le fameux "on a déjà vécu ça en 1976" n'est plus qu'un vague mythe.
En 50 ans, la sévérité des sécheresses a été multipliée par 3 en France principalement à cause des déficits de pluies estivaux et de la hausse de l'évapotranspiration due à la hausse de la température.
Et c’est particulièrement préoccupant, car ce phénomène s’auto-amplifie : un sol plus sec se réchauffe davantage sous l’effet du rayonnement solaire. La diminution de l’évaporation réduit le refroidissement naturel du sol, favorisant ainsi une hausse des températures de surface et un transfert accru de chaleur vers l’atmosphère. Cet échauffement accentue la demande évaporative de l’air, accélère l’assèchement de la végétation et des sols encore humides, et aggrave ainsi la sécheresse.
Je le répète : cette boucle de rétroaction positive entre chaleur et sécheresse est extrêmement préoccupante. La revégétalisation de nos paysages, la préservation de nos forêts, la gestion des écoulements de l'eau et la protection de nos sols par l'évolution des pratiques agricoles sont des urgences absolues. Elles constituent des leviers essentiels pour atténuer cette rétroaction, préserver l'humidité des sols et limiter l'aridification progressive de nos territoires.
[1/3]
[2/3] Avec le retour de la pluie, le pire est dorénavant derrière nous. Mais nous ne sommes qu'au début d'un long processus de réhydratation des sols. Nous sommes toujours au record absolu. Il n'a jamais fait aussi sec à cette période de l'année en France.
[A écouter] J'avoue que je suis rentré en mode "confession intime" dans cette vidéo de Narval, sortant parfois de mon rôle de scientifique. C'est vraiment une interview un peu différente. Plus personnelle. Plus humaine aussi.
Vous me connaissez en tant qu'agroclimatologue. Mais derrière tout cela, il y a aussi une histoire, un parcours, des blessures, des passions, une famille, des doutes etc… et cette question qui revient régulièrement : comment continuer à garder de l’espoir lorsque notre métier consiste justement à regarder en face ce qui nous attend ?
Dans cette longue interview avec Narval, j'ai accepté de laisser un peu de côté les graphiques et les modèles pour parler davantage de l'humain. De ce qui ma construit. De ce qui me pousse encore aujourd'hui à parler, parfois à crier, lorsqu'il le faut. Et surtout (et malgré tout !) de ce qui me donne encore envie de croire en l'avenir :).
Merci à Maxime Carsel et à toute léquipe de Narval pour cet échange, parfois drôle, parfois sérieux, parfois beaucoup plus intime.
narval.info/publications/est…
Si les inondations de Montpellier ont fait la une de l'actualité, la réalité nationale est bien différente. Il n'a réellement plu que le dernier jour donnant quelques couleurs à la carte, sinon elle aurait été intégralement marron.
Depuis 1959, septembre 2026 est le troisième le plus sec et le deuxième le plus chaud confirmant la tendance : l'été déborde de plus en plus à la fois sur le printemps (canicule de mai) mais aussi l'automne (chaleur et sécheresse éternelle de septembre).
On peut dire que le pic de la sécheresse 2026 est dernière nous. Les prochains jours seront plus ou moins arrosé sur la moitié sud (surtout sud-est). Mais le nord recevra trop peu de pluie.
On est loin, très loin d'être sorti de la sécheresse de 2026 qui, je le rappelle, a déjà tous les indicateurs au rouge :
- Record d'intensité (indice de sécheresse le plus bas jamais observé à la fois pour l'été, l'automne et l'ensemble de l'année).
- Record de sévérité (intensité x durée, pour faire simple).
- Record de surface : c'est la plus étendue jamais observée sur la métropole.
2026 n'a pas fini de nous rappeler que nos forêts et notre agriculture sont encore trop vulnérables au changement climatique.
D'après Tristan Bergen, chasseur d'orage sur place, ce n'est pas une mais deux tornades simultanées qui ont touché le secteur d'Aigues Mortes dans le Gard.
Il est déjà tombé plus de 300mm au nord de l'Hérault. Après la sécheresse estivale, le sol absorbe peu. La réaction de cours d'eau est très rapide ! La Méditerrannée surchauffée par les canicules d'été joue le rôle que l'on craignait.
Il devrait encore tombé 300mm supplémentaires dans l'Hérault. La situation se dégrade rapidement !
Une alerte météorologique "extrême", pour reprendre le terme du message FR-Alert reçu sur les téléphones pour toute la population, est en cours dans le Gard et l'Hérault.
Les dernières prévisions sont terrifiantes entre 300 à 400mm de pluie en plaine et en villes. La population est invitée à se confiner chez elle.
[FILM] La Batille climatique : déjà 1150 inscrits ! Merci !
Il y a deux ans, le réalisateur Adrien Bellay me proposait de tourner un film pour le cinéma, afin de raconter mon engagement face à la montée du climatoscepticisme et d'explorer les enjeux de l'adaptation de notre agriculture au changement climatique.
Aujourd'hui, le pré-lancement de la campagne de financement participatif de La Bataille climatique poursuit sa belle dynamique : nous venons de dépasser les 1 150 inscrits !
Notre prochain objectif : atteindre les 2 000 inscrits avant le 13 octobre, date du lancement officiel de la campagne. Vous pouvez nous aider en vous inscrivant dès maintenant pour être parmi les premiers informés :
👉 fr.ulule.com/la-bataille-cli…
Deux ans de tournage. Et ce n'est que le début !
Il nous reste encore tant de choses à filmer : de nouvelles rencontres avec le monde agricole et la communauté scientifique, des échanges avec des spécialistes de l'esprit critique, des discussions avec des climatosceptiques… et, on l'espère, quelques mémorables chasses à l'orage !
Nous sommes notamment allés à la rencontre d'Alain Choclazeur, de « Tout Bio », pour suivre le développement de cultures encore inhabituelles dans l'Aude, comme la banane et les agrumes, mais aussi l'intégration de légumineuses d'avenir dans les rotations agricoles, notamment dans le cadre du projet occitan FILEG.
Et notre tour de France est loin d'être terminé ! Nous continuerons à parcourir les territoires pour parler des sols, des paysages, de celles et ceux qui font évoluer leurs pratiques et des multiples formes que peut prendre l'adaptation de notre agriculture au climat de demain.
Derrière les cartes climatiques, les projections et les chiffres, il y a des femmes, des hommes, des territoires et des histoires à raconter. La Bataille Climatique sera un film profondément humain, je vous l'assure :) !
L'avenir est agricole !
Serge Zaka
24 septembre 2026 : encore 37 °C en France.
Si cette température était un épisode isolé, je n'en ferais pas un post. Mais ce n'est justement pas le cas car cela dure depuis le mois de mai.
À Nîmes, 2026 cumule désormais 112 jours à plus de 30 °C. C'est l'équivalent de près de quatre mois de chaleur supérieure à 30 °C sur une seule année...
Les 30°C seront encore observés en France jusqu'à la fin du mois. Certaines simulations voient les prolongations jusqu'à début octobre.
Les chiffres de la sécheresse de 2026 deviennent dingues ! Ca y est ! Elle coche toutes les cases des records caractérisant une sécheresse !
1⃣ La sévérité : la sécheresse de 2026 devient la plus sévère jamais observée en France alors qu'elle n'est même pas terminée (Graphique 1 - sévérité = intensité x durée). La sévérité de sécheresse a presque triplé en France depuis 50 ans.
2⃣ L'intensité : la sécheresse de 2026 est la plus intense jamais observée avec deux pics. Le premier en août avec le record absolu de sécheresse des sols français : il ne restait plus que 10% du potentiel d'eau des sols français ! Le deuxième pic est en cours totalement inédit par son intensité HORS SAISONS. Un décrochage total par rapport à ce qu'on a connu jusqu'à présent (graphique 2).
3⃣ La surface : la sécheresse de 2026 est la plus étendue au niveau des records annuels d'intensité (carte 3 sur l'année) mais aussi saisonnier. Au niveau national, elle est la sécheresse la plus tardive jamais observée (carte 4 sur septembre).
Au début de l’installation de la sécheresse de 2026, le journal @sudouest avait osé prendre le contre-pied des discours habituels : espérer de la pluie pendant les ponts de mai pour éviter que la sécheresse ne s’aggrave.
Qu’est-ce que j’avais pu me faire insulter à l’époque ! Le reproche ? Les « écolos dépressifs » voulaient désormais nous voler nos week-ends, gâcher nos jours fériés et nous empêcher de profiter du soleil.
Non. Je voulais simplement vous alerter sur les difficultés agricoles et forestières qui se profilaient (notamment à l'époque les semis de printemps). Et qui, malheureusement, se sont concrétisées au fil des mois.
Nous vivons dorénavant la pire catastrophe agricole de l'histoire moderne de la France. « Je ne vois rien de réjouissant à danser dans une maison qui brûle ».
Ces titres vous choquent ? C’est précisément le but.
Pourquoi ai-je dit cela ? Parce que, personnellement, ce qui me choque davantage, c’est de voir qu’en pleine sécheresse de surface, alors que les agriculteurs peinent déjà à réussir leurs semis dans le nord-ouest, une partie des discours médiatiques continue de célébrer systématiquement le « beau temps ».
« Encore une semaine agréable », « profitez du soleil », « temps idéal pour le week-end »… Vraiment ?
Quand il est tombé moins de 20 mm de pluie en un mois et demi sur certaines régions (sur une période aussi cruciale que e début de saison agricole), que les sols s’assèchent dès le printemps et que l’on commence déjà à puiser dans les réserves d’eau de l’été… en avril… peut-être est-il temps de faire évoluer notre imaginaire collectif.
Le beau temps ne peut pas être synonyme, par défaut, d’absence interminable de pluie. Le beau temps agricole est celui QUI NE DURE PAS.
La pluie n’est pas forcément une mauvaise nouvelle. Elle est aussi ce qui fait pousser les cultures, recharge les nappes, limite le stress hydrique des forêts et réduit les risques d’incendies précoces.
À quel moment remet-on les agriculteurs, les écosystèmes et les forêts dans l’équation ?
Je n’ai plus les mots pour qualifier ce qui se passe actuellement en France.
Les prévisions météorologiques ne cessent de repousser l’échéance du retour des pluies. Désormais, presque aucune précipitation significative n’est attendue sur une grande partie du pays jusqu’au 6 octobre.
L’indice hydrique des sols français pourrait ainsi battre son record absolu de sécheresse, jusqu’à présent réservé au cœur des étés les plus extrêmes. Sauf que nous serons alors fin septembre, voire début octobre. Du jamais vu !
Et pendant ce temps, aucun répit pour nos forêts, nos écosystèmes et notre agriculture. Les sols continuent de s’assécher, les végétaux accumulent les stress et les conséquences se prolongent désormais bien au-delà de l’été. Et cela dure depuis mai.
La France traverse clairement une crise exceptionnelle.





































