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Avocat au Barreau de Paris https://nitter.cf/t.co/JghJ0W8kjn

Paris, France
Joined January 2015
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đŸ‡«đŸ‡· « Le gouvernement veut empĂȘcher les Français de voir ce qui se passe rĂ©ellement dans leur pays ! » đŸ“” « À travers des plateformes comme Twitter, qui ne servent absolument pas Ă  faire de la compĂ©tition entre Ă©meutiers et n’ont rien Ă  voir avec la synchronisation au sein d’un groupe d’émeutiers, mais servent Ă  informer le public. Et donc, on a vraiment ces trois volontĂ©s d’action : d’une part, empĂȘcher la diffusion de l’humeur Ă©meutiĂšre ; d’autre part, empĂȘcher la coordination au sein d’un groupe d’émeutiers ; et, troisiĂšmement, empĂȘcher le public de rĂ©aliser ce qui est Ă  l’Ɠuvre et ce qui est en train de se passer. L’idĂ©e, c’est de faire en sorte que vous et moi n’ayons plus accĂšs Ă  l’information. Or, les Ă©meutes du 17 ont quand mĂȘme permis Ă  la totalitĂ© de la population de voir trĂšs prĂ©cisĂ©ment ce qui se passait. Et cela aussi, cela a Ă©tĂ© un tournant dans l’histoire des mĂ©dias en France, oĂč, tout d’un coup, les chaĂźnes d’information en continu Ă©taient exactement au mĂȘme niveau que le citoyen ordinaire. Tout le monde s’informait sur les rĂ©seaux sociaux. » Réécouter l’émission 🔗youtu.be/Zoyh8lvV54s đŸ—Łïž Fabrice Epelboin (@epelboin) accuse le gouvernement de vouloir contrĂŽler l’accĂšs des Français Ă  l’information en bloquant les rĂ©seaux sociaux et dĂ©nonce une tentative de censure qui dĂ©passe largement la lutte contre les Ă©meutes.
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Watch Episode 1 of our Odyssey series made with Grok Imagine. Let us know in the comments if you'd like a full breakdown of how it was done! Creative collaboration with @WonderStudiosX and director Dev Walker @glumlot_
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C’est en fait le paradoxe de Tocqueville qui nous Ă©clate Ă  la figure. Dans l’un des pays qui redistribue le plus au monde, le pays qui Ă©galise le plus les conditions objectives d’existence, qui donnent le plus de chance Ă  tous, qui donne culture, Ă©ducation et enseignement supĂ©rieur gratuitement Ă  tous, qui respecte le plus les droits de l’homme, dans ce pays de cocagne donc, une part significative de la population est persuadĂ©e qu’elle vit dans un enfer d’injustices et de violences systĂ©miques. Comme l’avait trĂšs bien montrĂ© Tocqueville, plus il y a d’égalitĂ©, plus les inĂ©galitĂ©s qui restent deviennent insupportables. Notamment parce que la sociĂ©tĂ© mĂ©ritocratique, par rapport Ă  l’ancien rĂ©gime fondĂ© sur la naissance, a cela de terrible qu’elle rend les gens responsables de leurs conditions.
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đŸ’„ "Le vĂ©ritable objectif du couvre-feu et de l’interdiction des rĂ©seaux sociaux, c’est d’empĂȘcher les vrais gens de se rendre compte Ă  quel point leur pays devient un coupe-gorge du tiers-monde." #17octobre2026 đŸ—Łïž @philippejeanpr1, avocat au barreau de Paris 👉 Pour nous soutenir : soutenir.rc.fr đŸŽ™ïž Avec @Liselotte_Dtrl sur @radiocourtoisie
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đŸ’„ "Il faut faire des exemples. Donc Mamadou, on t’a attrapĂ©, les dommages s’élĂšvent Ă  758 millions d’euros, donc tu vas payer 758 millions d’euros [
] Il faut littĂ©ralement mettre ces gens Ă  la rue."#17octobre đŸ—Łïž @philippejeanpr1, avocat au barreau de Paris 👉 Pour nous soutenir : soutenir.rc.fr đŸŽ™ïž Avec @Liselotte_Dtrl sur @radiocourtoisie
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đŸ’„ "Sarkozy nous a fait regretter Chirac, Hollande nous a fait regretter Sarkozy, Macron nous a fait regretter Hollande, Attal, Philippe ou Retailleau nous ferait probablement regretter Macron." đŸ—Łïž @philippejeanpr1, avocat au barreau de Paris. 👉 Pour nous soutenir : soutenir.rc.fr đŸŽ™ïž Avec @Liselotte_Dtrl sur @radiocourtoisie
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đŸ€œ #17octobre : un avocat appelle Ă  ruiner les casseurs (et leurs parents) đŸ—Łïž @philippejeanpr1, avocat au barreau de Paris Entretien complet : 👉 youtu.be/iARs1-EHrUo đŸŽ™ïž Avec @Liselotte_Dtrl sur @radiocourtoisie
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Amis Ă©trangers, je vous explique pourquoi les français manifestent autant et si efficacement. 1/ En France socialiste, manifester est devenue le meilleur moyen d'amĂ©liorer son niveau de vie. L'Etat contrĂŽle 57% de l'Ă©conomie. La France est #1 mondial en termes de dĂ©penses publiques par habitant. La France est un pays crypto-communiste oĂč l'Etat contrĂŽle la tirelire. Donc pour avoir accĂšs Ă  la tirelire public, il faut soit voter soit manifester. Le vote est phagocytĂ© par le bloc retraitĂ© et prĂ©-retraitĂ© qui reprĂ©sente de trĂšs loin le plus gros bloc Ă©lectoral et s'attire sans violences les subsides Ă©tatiques. Pour le reste, La manifestation est la mĂ©thode la plus adĂ©quate pour se faire entendre par les Ă©lites. ParticularitĂ© du communisme Ă  la française, il est relativement libertaire en termes de maintien de l'ordre et autorise de manifester sans finir au Goulag. Donc, tout le monde s'y met naturellement. Chaque euro gagnĂ© par le travail au-dessus du salaire minimum est taxĂ© Ă  70%. Chaque chĂšque de subvention est peu ou pas taxĂ©. Le français reste un homo economicus comme les autres. Le choix de manifester est vite fait car c'est le meilleur choix rationnel Ă  court terme. 2/ Il y a une incitation trĂšs forte Ă  tout casser et Ă  faire un maximum de grabuge. Vu que tout le monde manifeste et se plaint, l'Etat ne sait plus oĂč donner de la tĂȘte. MalgrĂ© des moyens quasi-illimitĂ©s, l'Etat français ne peut pas donner de l'argent Ă  tout le monde. Il doit choisir. Alors il choisit de de flĂȘcher ses aides vers les groupes les plus bruyants, les plus destructeurs et qui menacent le plus la sĂ©curitĂ© des Ă©lites. Naturellement se lance une surenchĂšre pour savoir qui sera le "meilleur manifestant". Depuis quelques dĂ©cennies, un groupe se dĂ©tache clairement par sa capacitĂ© Ă  tout casser: le jeune de banlieue issu de l'immigration. Nos politiques sont effrayĂ©s (Ă  raison) et envoient toujours plus de milliards d'euros vers les quartiers Ă  majoritĂ© issue de l'immigration. Comme ça marche, il y a une incitation Ă  toujours plus casser et terrifier. Un cercle vicieux, sans fin 3/ Les prisons sont pleines et l'Etat français est incapable de simplement concevoir le nombre de places indispensables Ă  un maintien de l'ordre basique. De trĂšs dangereux criminels sont tous les jours relachĂ©s faute de places. Pour un juge français, mettre un manifestant en prison pour un "simple" pillage ou une charge sur la police apparaĂźt comme tout simplement saugrenu. Donc forcĂ©ment, tout le monde continue. Casser et brĂ»ler sont devenus une sorte de divertissement sans risque pour une partie de la jeunesse 4/ Peut-ĂȘtre le plus important, la manifestation et la rĂ©volte sont perçues comme des actes romantiques en France. Que ce soit Ă  l'Ă©cole, dans les livres, dans les films, dans les mĂ©dias, la rĂ©volution et la "lutte populaire" sont portĂ©es aux nues. L'histoire du pays est prĂ©sentĂ©e comme celle d'un peuple qui s'est battu contre ses Ă©lites pour arracher toujours plus de droits. Nos romans les plus cĂ©lĂšbres magnifient les rĂ©volutions. Notre tableau le plus cĂ©lĂšbre reprĂ©sente des barricades en plein Paris. Nos Ă©lites vivent encore sur le souvenir romantisĂ© de Mai 1968. Manifester n'est pas un "trouble de l'ordre public" mais un devoir pour tout français qui se respecte. En temps normal, la France pouvait gĂ©rer sans problĂšme ces manifestations incessantes et des rĂ©voltes Ă©pisodiques. Cela faisait presque partie du "folklore" du pays. Sauf qu'on arrive Ă  la fin d'un cycle. L'Etat est en situation de quasi faillite et ne peut plus se permettre de donner plus. Les changements dĂ©mographiques rapides font courrir un vĂ©ritable risque de guerre civile au pays Tout le monde le sent. La nature des revendications change et devient de plus en plus agressive. Le pays pourra-il sortir de ce cycle infernal? Rien n'est moins sĂ»r.
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Allez, dernier tour sur l’histoire des retraites des fonctionnaires. Le fait que celle-ci soit calculĂ©e sur les 6 derniers mois de salaire versus les 25 meilleures annĂ©es pour le privĂ© est source d’incomprĂ©hension. Ou plutĂŽt de “LĂ© FONctiOnĂšrES y SE GaveNT”. Ce serait vrai si la base des revenus des fonctionnaires Ă©tait calculĂ©e et progressait comme celle du privĂ©. Mais comme on dit chez moi “ĂȘtre fonctionnaire, ça eut payĂ©â€. Le salaire des fonctionnaires est calculĂ© sur ce qu’on appelle le point d’indice. Qui a Ă©tĂ© gelĂ© il y a 15 ans pour faire des Ă©conomies. Comme il fallait quand mĂȘme un peu motiver les gens on a mis Ă  la place des primes. Alors ça n’a rien changĂ© ? C’est lĂ  qu’est l’astuce. Les primes ne rentrent pas en compte dans le calcul de la retraite. Or les primes c’est en moyenne 1/4 des revenus des fonctionnaires. Donc la base utilisĂ©e pour calculer leur retraite est de 75 % de leur revenu. DeuxiĂšme astuce moins connue, le point d’indice Ă©tant gelĂ©, il progresse moins vite que l’inflation. Cela signifie que le traitement d’un fonctionnaire moyen dans ses 6 derniers mois est bien souvent infĂ©rieur, ajustĂ© de l’inflation, Ă  ce qu’il Ă©tait 10 ans plus tĂŽt. Quand on calcule dans le privĂ© sur les 25 meilleures annĂ©es, on ajuste Ă  l’inflation. Donc pour les fonctionnaires, 1/4 de revenus en moins + Ă©rosion de l’inflation, ont un effet dĂ©pressif sur leurs retraites. Assez pour compenser le diffĂ©rentiel de calcul 6 mois versus 25 meilleures annĂ©es ? La DREES a fait le calcul. Si on prend tous les fonctionnaires (hors police, armĂ©e) nĂ©s en 1958, en moyenne leur retraite aurait Ă©tĂ© 1,5 % plus Ă©levĂ©e avec les rĂšgles du privĂ© (25 meilleures annĂ©es, primes comprises) qu’avec celles du public. En moyenne, les fonctionnaires sont donc dĂ©sormais perdants. Ceux qui sont le plus perdants sont les fonctionnaires les plus modestes, ceux qui ont des salaires qui progressent peu et sont beaucoup payĂ©s Ă  la prime. La DREES estime que 62 % des fonctionnaires sont dans ce cas et seraient gagnants avec le calcul du privĂ©, dont plus d’un tiers avec plus de 10 % de retraite en plus. En revanche, les 32 % des fonctionnaires les plus favorisĂ©s, notamment les catĂ©gories A et ceux qui obtiennent des grosses promotions dans les derniĂšres annĂ©es de carriĂšre, sont eux gagnants au mode de calcul du public. Donc oui, il y a bien une injustice si l’on veut, mais elle est entre fonctionnaires riches et fonctionnaires pauvres, pas entre fonctionnaires et personnes du privĂ©. LĂ  c’est vraiment kif kif, et plutĂŽt en faveur du privĂ©. Globalement on se rend compte que le fait de vivre dans un systĂšme opaque et trop complexe, fait que tout le monde soupçonne tout le monde d'ĂȘtre un privilĂ©giĂ©. Surtout dans une sociĂ©tĂ© de caste et de statut comme la France, cela crĂ©e des rancoeurs, de la dĂ©fiance, et surtout, cela cache les vĂ©ritables problĂšmes. Ici, on peut se bercer de l'illusion que si on alignait le rĂ©gime du public sur celui du privĂ©, on rĂ©soudrait le problĂšme des retraites. Et non, ça coĂ»terait ENCORE plus. Il n'y a pas se secret, pas de magie. Il y a un trou de 137 milliards sur les retraites, et tout le monde est concernĂ©. Les grosses retraites comme ceux au minimum vieillesse, les fonctionnaires comme le privĂ©. On distribue 30% de pensions de plus que ce que l'on collecte, et ces 30% n'ont pas de bĂ©nĂ©ficiaires uniques. Toutes les catĂ©gories de retraitĂ©s palpent. C'est donc une rĂ©fome totale du systĂšme qui est nĂ©cessaire. Pas de bouc Ă©missaire facile. Le rapport DREES : drees.solidarites-sante.gouv

Initialement tout le monde s’est emballĂ© sur le fait qu’il manquait 52 % de cotisations pour financer la retraite des fonctionnaires. (Et que le reste Ă©tait Ă©quilibrĂ© par des surcotisations ad hoc camouflant le vrai dĂ©ficit.) Nombreux sont ceux qui se sont dit « hahaha le problĂšme des retraites ne concerne que les fonctionnaires ! » Il a fallu corriger cette erreur d’apprĂ©ciation, en montrant que si le rĂ©gime public Ă©tait dĂ©ficitaire de 50 milliards, celui du privĂ© l’était de 77 milliards. Maintenant la nouvelle rĂ©action est « hahaha peut-ĂȘtre que le rĂ©gime privĂ© est aussi dĂ©ficitaire, mais seulement de 25 %, alors que le public l’est deux fois plus en proportion. C’est bien la faute des fonctionnaires qui se gavent ! » NavrĂ©, mais il faut encore une fois corriger cette idĂ©e reçue. L’essentiel des 27 points d’écart n’a aucun rapport avec des avantages. 17 points sont de purs effets statistiques : le ratio actif/retraitĂ© dans le public est trĂšs mauvais parce qu’il y a beaucoup de retraitĂ©s La Poste et France TĂ©lĂ©com alors qu’il n’y a plus d’actifs en face Ă  cause des privatisations, que la FP a de plus en plus recours Ă  des contractuels et donc Ă  des gens qui cotisent pour le privĂ©, que l’invaliditĂ© est payĂ©e par la SĂ©cu pour le privĂ©, donc n’apparaĂźt pas dans son dĂ©ficit, mais directement par l’État pour les fonctionnaires et apparaĂźt dans le dĂ©ficit, etc. etc. Restent 10 points. 6 points sont des avantages anciens, qui n’existent plus, comme le fait pour les mĂšres de 3 enfants de prendre leur retraite au bout de 15 ans de cotisations (supprimĂ© en 2010). Aujourd’hui le systĂšme de calcul sur les 6 derniers mois avec le gel du point d’indice n’apporte plus d’avantage (rapport DREES) et hors mĂ©tiers actifs (voir point suivant), l’ñge de dĂ©part Ă  la retraite est similaire entre public et privĂ©. Subsistent 4 points liĂ©s Ă  des avantages de dĂ©part anticipĂ© et de bonification de cotisations, mais circonscrits pour l’essentiel Ă  des mĂ©tiers qui n’existent pas dans le privĂ© : sapeur-pompier, militaire, policier, gardien de prison, etc. On peut trĂšs bien considĂ©rer que ces avantages ne se justifient pas, mais in fine, cela signifie que seuls 4 points d’écart entre les dĂ©ficits des rĂ©gimes privĂ©s et publics tiennent Ă  des avantages encore en vigueur. Et quand on dit « il faut aligner le rĂ©gime public sur le privé », ça veut essentiellement dire empĂȘcher les militaires et les policiers de partir Ă  la retraite plus tĂŽt. Ça ne me paraĂźt pas ĂȘtre une bonne idĂ©e, mais de toutes façons ce n’est pas ça qui comblera 137 milliards. Le problĂšme c’est tout le systĂšme. Ce serait beaucoup plus facile si le problĂšme Ă©tait aussi circonscrit. La rĂ©alitĂ© est simplement que nous n’avons pas assez adaptĂ© notre systĂšme de retraite Ă  notre dĂ©mographie depuis 25 ans, et qu’en consĂ©quence, nous avons un trou immense de 137 milliards que l’on comble en ponctionnant discrĂštement Ă  droite Ă  gauche et qui petit Ă  petit grippe tout le systĂšme et crĂ©e des pĂ©nuries un peu partout.
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Les riches disent vouloir s'Ă©vader de la prison fiscale pour ne pas payer d'impĂŽts (ils ont raison). Leaument dĂ©nonce l'inĂ©galitĂ© dont sont victimes les Français les moins riches qui, eux, n'ont pas le choix et doivent donc subir le matraquage fiscal. Il admettrait presque sans s'en rendre compte que si ces Français avaient le choix, ils emboĂźteraient le pas des plus riches. Et ils auraient raison. La vraie question est d'ailleurs bien lĂ  : il faut donner Ă  tous les Français la possibilitĂ© de sortir du systĂšme imposĂ© par l'État. De ce vol gĂ©nĂ©ralisĂ© de l'impĂŽt qui ne produit rien, pire, qui est contre productif. Aujourd'hui, la sortie du systĂšme se fait par un changement de juridiction, mais elle pourrait se faire autrement, sans avoir Ă  se dĂ©raciner et Ă  s'expatrier.
Le prĂ©sident du MEDEF dit ĂȘtre prĂȘt Ă  quitter la France pour ne pas payer d'impĂŽts. C'est une honte. Et c'est une injustice. Car les Français moins riches n'ont pas ce choix. Il est temps de ramener l'Ă©galitĂ© devant l'impĂŽt avec l'impĂŽt universel !
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Initialement tout le monde s’est emballĂ© sur le fait qu’il manquait 52 % de cotisations pour financer la retraite des fonctionnaires. (Et que le reste Ă©tait Ă©quilibrĂ© par des surcotisations ad hoc camouflant le vrai dĂ©ficit.) Nombreux sont ceux qui se sont dit « hahaha le problĂšme des retraites ne concerne que les fonctionnaires ! » Il a fallu corriger cette erreur d’apprĂ©ciation, en montrant que si le rĂ©gime public Ă©tait dĂ©ficitaire de 50 milliards, celui du privĂ© l’était de 77 milliards. Maintenant la nouvelle rĂ©action est « hahaha peut-ĂȘtre que le rĂ©gime privĂ© est aussi dĂ©ficitaire, mais seulement de 25 %, alors que le public l’est deux fois plus en proportion. C’est bien la faute des fonctionnaires qui se gavent ! » NavrĂ©, mais il faut encore une fois corriger cette idĂ©e reçue. L’essentiel des 27 points d’écart n’a aucun rapport avec des avantages. 17 points sont de purs effets statistiques : le ratio actif/retraitĂ© dans le public est trĂšs mauvais parce qu’il y a beaucoup de retraitĂ©s La Poste et France TĂ©lĂ©com alors qu’il n’y a plus d’actifs en face Ă  cause des privatisations, que la FP a de plus en plus recours Ă  des contractuels et donc Ă  des gens qui cotisent pour le privĂ©, que l’invaliditĂ© est payĂ©e par la SĂ©cu pour le privĂ©, donc n’apparaĂźt pas dans son dĂ©ficit, mais directement par l’État pour les fonctionnaires et apparaĂźt dans le dĂ©ficit, etc. etc. Restent 10 points. 6 points sont des avantages anciens, qui n’existent plus, comme le fait pour les mĂšres de 3 enfants de prendre leur retraite au bout de 15 ans de cotisations (supprimĂ© en 2010). Aujourd’hui le systĂšme de calcul sur les 6 derniers mois avec le gel du point d’indice n’apporte plus d’avantage (rapport DREES) et hors mĂ©tiers actifs (voir point suivant), l’ñge de dĂ©part Ă  la retraite est similaire entre public et privĂ©. Subsistent 4 points liĂ©s Ă  des avantages de dĂ©part anticipĂ© et de bonification de cotisations, mais circonscrits pour l’essentiel Ă  des mĂ©tiers qui n’existent pas dans le privĂ© : sapeur-pompier, militaire, policier, gardien de prison, etc. On peut trĂšs bien considĂ©rer que ces avantages ne se justifient pas, mais in fine, cela signifie que seuls 4 points d’écart entre les dĂ©ficits des rĂ©gimes privĂ©s et publics tiennent Ă  des avantages encore en vigueur. Et quand on dit « il faut aligner le rĂ©gime public sur le privé », ça veut essentiellement dire empĂȘcher les militaires et les policiers de partir Ă  la retraite plus tĂŽt. Ça ne me paraĂźt pas ĂȘtre une bonne idĂ©e, mais de toutes façons ce n’est pas ça qui comblera 137 milliards. Le problĂšme c’est tout le systĂšme. Ce serait beaucoup plus facile si le problĂšme Ă©tait aussi circonscrit. La rĂ©alitĂ© est simplement que nous n’avons pas assez adaptĂ© notre systĂšme de retraite Ă  notre dĂ©mographie depuis 25 ans, et qu’en consĂ©quence, nous avons un trou immense de 137 milliards que l’on comble en ponctionnant discrĂštement Ă  droite Ă  gauche et qui petit Ă  petit grippe tout le systĂšme et crĂ©e des pĂ©nuries un peu partout.
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Nouvelle dĂ©couverte stupĂ©fiante Ă  propos des retraites : Selon la Cour des Comptes, les retraitĂ©s du public auraient des PENSIONS PLUS ÉLEVÉES s'ils Ă©taient partis avec les RÈGLES DU PRIVÉ. Et oui. 1/2
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C'est vrai que beaucoup de retraitĂ©s de la fonction publique d'État ont bĂ©nĂ©ficiĂ© de dĂ©parts trĂšs prĂ©coces. Par exemple, les instituteurs ont longtemps Ă©tĂ© classĂ©s en catĂ©gorie « active » et pouvaient partir trĂšs tĂŽt, malgrĂ© une espĂ©rance de vie plutĂŽt longue. Cela a coĂ»tĂ© trĂšs cher, mais c'est nettement moins courant parmi les retraitĂ©s rĂ©cents de la FPE civile. En 2024, l'Ăąge moyen de dĂ©part dans la FPE civile et celui du rĂ©gime gĂ©nĂ©ral diffĂ©raient de moins d'un an. Une institutrice partie Ă  56 ans il y a dix ans aura certes coĂ»tĂ© Ă©normĂ©ment sur l'ensemble de sa retraite. Mais aujourd'hui, elle serait de toute façon retraitĂ©e. Ses conditions de dĂ©part ont pesĂ© sur la dette publique, mais elles ne changent rien au dĂ©sĂ©quilibre du systĂšme en 2026. ConcrĂštement, quasiment aucun fonctionnaire parti entre 1993 et 2008 ne serait encore en activitĂ© aujourd'hui s'il n'avait pas bĂ©nĂ©ficiĂ© d'un dĂ©part prĂ©coce. Nous payons des intĂ©rĂȘts sur la dette que ces dĂ©parts ont occasionnĂ©e, mais leurs avantages ne peuvent pas expliquer le dĂ©sĂ©quilibre actuel du rĂ©gime de la FPE. Quant Ă  la SNCF et Ă  la RATP, elles relĂšvent de rĂ©gimes spĂ©ciaux distincts, et les pensions militaires sont comptabilisĂ©es Ă  part.
Sur le ratio actifs/retraitĂ©s de la FP, pq ne dites vous pas, @sc_cath, qu’il est largement dĂ», hormis la Poste et FrTĂ©lĂ©com, aux dĂ©parts prĂ©coces du public (-5 Ă  10 ans pour les catĂ©gories active et super-active, -2,5 ans pour les retraitĂ©s Balladur partis entre 1993 et 2008)?
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« On a cotisĂ© (ou pas, on s'arrange toujours), et maintenant, on veut notre croisiĂšre aux Seychelles, [...] on compte bien en profiter jusqu'Ă  la derniĂšre goutte » Magnifique message d’une boomeuse Ă  l'adresse des jeunes
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Micode enquĂȘte sur le site d’arnaque « ImpĂŽts.Gouv » et veut savoir oĂč est son pognon
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Un article important sur le dĂ©clin de la France dans les annĂ©es 1930 encore issu de la sphĂšre des progress studies (pour ceux qui n’ont pas suivi, c’est tout ce mouvement intellectuel rĂ©cent se focalisant sur les ressorts concrets de la croissance Ă©conomique, de l’amĂ©lioration des conditions de vie et du progrĂšs technologique.). Cet article souligne que l’Allemagne n’avait pas initialement d’avantage industriel sur la France, mais que les rĂ©formes de 1936 et particuliĂšrement la passage de 48 Ă  40h de travail hebdo pour lutter contre le chĂŽmage a eu pour consĂ©quence imprĂ©vue une forte baisse de la production d’avions, de canons, et de blindĂ©s (jusqu’à -50%) principalement parce que les ouvriers qualifiĂ©s Ă©taient rares et qu’en consĂ©quence rĂ©duire leurs horaires ne faisait que stopper la production, avec personne Ă  embaucher pour compenser. RĂ©sultat : une armĂ©e française sous Ă©quipĂ©e en 1940 qui se fait rouler dessus, malgrĂ© d’ailleurs des blindĂ©s de meilleure qualitĂ©. Le malheur français : de la qualitĂ© sans quantitĂ©s. L’article souligne que les mauvaises idĂ©es ont tendance Ă  ne jamais ĂȘtre purgĂ©es. Les 40h sont reprises Ă  la LibĂ©ration et l’idĂ©e que rĂ©duire le temps de travail de façon administrative, autoritaire et gĂ©nĂ©ralisĂ©e serait bĂ©nĂ©fique pour l’économie - et pour les conditions des travailleurs - n’a jamais Ă©tĂ© sĂ©rieusement remise en cause alors que tout semble le dĂ©mentir. Les nationalisations de l'industrie aĂ©ronautique en 1936-1937, souvent citĂ©es pour expliquer la dĂ©sorganisation, ne sont cependant pas traitĂ©es par l’article. La grande leçon de cet article est que le futur d’un pays est rarement dĂ©cidĂ© par sa focale de premier degrĂ© (la France Ă©tait sĂ©rieuse sur son rĂ©armement) mais par les consĂ©quences de second degrĂ© de son systĂšme socio-Ă©conomique. À l’heure de l’IA, cela signifie que le futur de la France ne sera pas dĂ©terminĂ© en tout premier lieu par notre politique proprement IA, mais par tout ce qui crĂ©e un environnement Ă  mĂȘme de lui donner corps : politique Ă©nergĂ©tique, droit du travail, systĂšme fisco-social, rĂ©gime d’autorisations et rĂ©glementaire, etc. J’ai Ă©crit ici un long article sur la vĂ©ritable grammaire de la puissance qui s’inscrit dans une logique similaire Ă  celle de l’article de Willemyns : larroumec.substack.com/p/la-

Listen up, freaks: we’ve got AI, labour law, being rude about the French, and the Nazis ALL IN ONE piece. What else could you ask for? New essay with @DuncanMcClement on what the fall of France in 1940 can teach us about policy design, second-order effects and national decline. juliawillemyns.substack.com/

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Official French statistics on education spending are simply wrong. As in every country, they include pension contributions, except that in France the contribution rate is 93%, three to four times what could be considered a normal rate. This absurd contribution rate is an accounting gimmick that allows the French state to claim its pension scheme is balanced, but it has nothing to do with the pensions that teachers currently in the classroom will actually receive. Recent reports have found that, after correcting for this bias, French spending on primary education, for instance, is not slightly above the OECD average, as official statistics suggest. Rather, it falls in the bottom quartile.
French schools aren't underfunded: 5.4% of GDP vs 4.9% OECD, more than Germany. The problem is central planning (only 2% of decisions are taken by schools), teacher absence (670,000 strike days) and poor discipline (52% of pupils report classroom disorder vs 32% OECD), as witnessed by children setting widespread fires and riot police having to be sent in, which is clearly not normal.
Readers added context they thought people might want to know
French education spending figures like 5.4% of GDP include over 25% in pension payments to retired teachers via France's public sector accounting, inflating totals vs. peers. Adjusted analyses show spending at or below OECD averages, especially primary education. reuters.com/world/europe/h
 alternatives-economiques.fr/pour-l-educati
 gpseducation.oecd.org/CountryProfile

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đŸ’Łâœ‰ïž Affaire Bardella, suite. Ce que la « preuve scientifique » de Mediapart dit de notre vie privĂ©e. Hier, je posais la question du secret des correspondances. Aujourd'hui, la mĂ©thode. Pas le fond des messages. La mĂ©thode. Parce qu'elle a Ă©tĂ© validĂ©e par des applaudissements qui auraient pu entendre jadis lors des exĂ©cutions publiques. Parce qu'elle peut tous nous concerner un jour. Rappel du protocole revendiquĂ©. Une source de l'entourage d'un adolescent de 17 ans, treize ans plus tard. Une rĂ©daction lui indique la marche Ă  suivre : demander Ă  Meta, au nom du RGPD, l'archive de ses conversations. Le fichier arrive mi-aoĂ»t. Un huissier le constate le 29 septembre. Publication. Fin. Chaque maillon mĂ©rite d'ĂȘtre regardĂ©. Aucun ne tient ce qu'on lui fait dire. 1ïžâƒŁ Un droit retournĂ© contre ceux qu'il protĂšge Le RGPD est nĂ© d'une idĂ©e simple. L'individu face aux plateformes. Savoir ce qu'elles dĂ©tiennent. Corriger. Effacer. Reprendre la main. L'article 15, c'est cela : un contre-pouvoir du citoyen. Regardez ce qu'il devient ici. La demande est suggĂ©rĂ©e par un journal. DatĂ©e par lui. ExploitĂ©e par lui. Pour obtenir les Ă©crits d'un tiers. La source exerce un droit. Le journal en rĂ©colte le produit. Le citoyen n'est plus le bĂ©nĂ©ficiaire du texte. Il en est l'instrument. La CJUE a jugĂ© qu'on n'a pas Ă  justifier d'un motif pour exercer son droit d'accĂšs. Soit. Mais le mĂȘme article, au paragraphe 4, pose une rĂ©serve : la copie « ne porte pas atteinte aux droits et libertĂ©s d'autrui ». Une conversation a deux auteurs. L'autre n'a rien demandĂ©. Il n'a pas Ă©tĂ© informĂ©. Il n'a pas Ă©tĂ© entendu. Ses droits et libertĂ©s, personne ne les a pesĂ©s. Ce n'est pas une illĂ©galitĂ©. C'est pire. C'est un retournement de finalitĂ©, propre, lĂ©gal, reproductible. Un texte Ă©crit pour protĂ©ger l'individu devient, avec le concours de la plateforme, l'outil le plus efficace jamais conçu pour l'exposer. Et il fera Ă©cole. Ce retournement n'est pas un accident. C'est une mĂ©canique. Bruxelles lĂ©gifĂšre pour nous protĂ©ger des gĂ©ants. Les gĂ©ants exĂ©cutent. Et le rĂ©sultat se retourne contre le premier venu. Le DSA devait protĂ©ger la libertĂ© d'expression ; il organise la modĂ©ration de masse. Le RGPD devait protĂ©ger la vie privĂ©e ; il livre nos correspondances Ă  nos correspondants. Et le pire est devant nous. Chat Control, que nous avons combattu pied Ă  pied, fera scanner chaque message privĂ© des EuropĂ©ens avant mĂȘme qu'il parte, au nom de la protection de l'enfance. La loi Miller, que j'ai combattue aussi, procĂšde de la mĂȘme logique : un dispositif de contrĂŽle, et une porte ouverte qu'on jure de ne jamais franchir. À chaque fois, on nous dit : cela ne servira que contre les coupables. À chaque fois, cela sert contre ceux qui dĂ©plaisent. Il y a une ironie que je ne peux pas taire. Ces textes de surveillance, le Rassemblement national les a soutenus. Il a votĂ© pour les mĂ©canismes qui permettent aujourd'hui de fouiller treize ans de conversations de son prĂ©sident. Jordan Bardella dĂ©couvre cette semaine ce que nous disions depuis des annĂ©es : un outil de surveillance n'a pas de camp. Il n'a que des cibles. Et les cibles changent. Je ne m'en rĂ©jouis pas. C'est exactement le contraire. Celui qui se croit Ă  l'abri parce que la loi vise les autres n'a rien compris Ă  ce qu'est une loi. Elle finit toujours par trouver tout le monde. 2ïžâƒŁ Un huissier qui certifie un fichier, pas une origine Les dates sont celles de Mediapart. Archive tĂ©lĂ©chargĂ©e mi-aoĂ»t. Constat le 29 septembre. Six semaines. Six semaines sur un ordinateur privĂ©. Entre les mains d'une personne engagĂ©e dans le dossier. Sans tĂ©moin. Une archive Meta n'est pas signĂ©e. Ce sont des fichiers JSON et HTML. Lisibles. Modifiables dans n'importe quel Ă©diteur de texte. Recompressibles Ă  l'identique. Aucune empreinte cryptographique ne relie le fichier Ă  Meta. L'huissier constate ce qu'on lui prĂ©sente. La structure. Les dates internes. La cohĂ©rence. Il ne peut pas Ă©tablir que ce zip est celui que Meta a produit. Il n'a pas assistĂ© au tĂ©lĂ©chargement. Aucune empreinte n'a Ă©tĂ© relevĂ©e Ă  la rĂ©ception, ou Mediapart ne le dit pas. Dire que l'huissier « authentifie » les messages est donc un abus volontaire de langage. Il atteste qu'un fichier existait, intact, le 29 septembre. Rien de plus. Rien sur les six semaines d'avant. La paresse de certains journalistes confine Ă  l'incompĂ©tence voir Ă  la complicitĂ©. Je ne dis pas que l'archive a Ă©tĂ© modifiĂ©e. Je dis que rien dans le protocole publiĂ© ne permet de l'exclure. Et qu'une preuve qu'on qualifie de scientifique devrait pouvoir l'exclure. Sinon ce n'est pas une preuve. C'est un tĂ©moignage avec un tampon. 3ïžâƒŁ Meta, la piĂšce manquante On parle de la source. De Mediapart. De l'huissier. Personne ne parle de celui qui a fourni la piĂšce. PremiĂšre question. Quand un compte Facebook est supprimĂ©, Messenger remplace le nom par « Utilisateur Facebook » chez les correspondants. C'est documentĂ©. Or Mediapart Ă©crit que l'archive « confirme que l'interlocuteur est rĂ©fĂ©rencĂ© par Meta/Facebook sous le nom Jordan Bardella ». Et ses dĂ©fenseurs expliquent que l'intĂ©ressĂ© ne peut plus rĂ©clamer sa propre archive, son compte Ă©tant supprimĂ© depuis longtemps. Les deux ne peuvent pas ĂȘtre vrais ensemble. Soit le compte n'a jamais Ă©tĂ© supprimĂ©, et Bardella peut encore en demander l'export. Soit Meta conserve l'identitĂ© des comptes effacĂ©s dans les archives des tiers, au-delĂ  des 90 jours qu'elle annonce. Dans le premier cas, une dĂ©fense s'effondre. Dans le second, c'est Ă  la CNIL que Meta devra rĂ©pondre. Dans les deux cas, on veut savoir. DeuxiĂšme question. Quand un utilisateur demande sa copie, Meta pourrait livrer ses propres messages. Elle pourrait livrer le fil complet en informant l'autre. Elle pourrait appliquer la rĂ©serve du 15.4 qu'elle connaĂźt parfaitement. Elle fait un autre choix. Tout, Ă  l'un. Rien Ă  l'autre. Ce n'est pas une obligation lĂ©gale. Ce n'est pas une contrainte technique. C'est une dĂ©cision d'entreprise, prise une fois pour trois milliards de personnes. Elle rĂšgle d'avance la question de savoir Ă  qui appartient une conversation Ă  deux. Et personne ne l'a jamais discutĂ©e. TroisiĂšme question. Treize ans de conversations d'un adolescent. Intactes. La limitation de la conservation est une obligation du responsable de traitement. Pas une option. Meta garde tout, indĂ©finiment, au nom du « bon fonctionnement du service ». C'est exactement ce que les autoritĂ©s europĂ©ennes lui reprochent dossier aprĂšs dossier. Il y a un mois, c'Ă©tait un manquement. Cette semaine, c'est un atout de l'enquĂȘte. Rien n'a changĂ©. Sauf l'identitĂ© de celui dont on exhume les archives. QuatriĂšme question, qui rĂ©sume les trois autres. Que garde Meta, combien de temps, et sous quel nom ? Lisez la politique de confidentialitĂ©. Vous n'y trouverez pas la rĂ©ponse. « Jusqu'Ă  90 jours. » « Sauf sauvegardes. » « Sauf raisons lĂ©gales. » « Les copies envoyĂ©es Ă  d'autres peuvent demeurer. » Du flou, soigneusement rĂ©digĂ©. Un utilisateur qui supprime son compte ne sait pas ce qui survit de lui. Il ne le dĂ©couvre que le jour oĂč quelqu'un s'en sert. 4ïžâƒŁ Le monde que cela dessine Tout ce que vous avez Ă©crit depuis quinze ans existe encore. Pas chez vous. Chez chacune des personnes Ă  qui vous l'avez adressĂ©. Et sur les serveurs d'une plateforme qui a fait de la mĂ©moire totale son modĂšle Ă©conomique. Vous pouvez supprimer votre compte. Effacer vos messages. Changer de vie. La copie demeure, chez l'autre. Et elle porte votre nom. N'importe lequel de vos correspondants peut, en quelques clics, sans que vous en soyez informĂ©, en obtenir l'archive intĂ©grale. La garder un mois. Un an. Dix ans. La relire Ă  la lumiĂšre de ce que vous ĂȘtes devenu. Puis, le jour oĂč vos chemins divergent, la faire constater par un officier public qui n'aura aucun moyen de savoir ce qu'elle a traversĂ© entre-temps. Ce n'est plus un risque thĂ©orique. C'est un protocole publiĂ©, dĂ©taillĂ©, applaudi. La protection de nos Ă©changes privĂ©s ne repose donc plus sur le droit. Ni sur la technique. Elle repose sur la loyautĂ© durable de tous ceux Ă  qui nous avons un jour fait confiance. Un ami de jeunesse. Un ex. Un ancien collĂšgue. Un camarade de parti. Il suffit d'un seul. On objectera que cela ne concerne que ceux qui ont quelque chose Ă  cacher. C'est l'argument qu'on oppose depuis toujours Ă  toute surveillance. Il a toujours Ă©tĂ© faux. Chacun a Ă©crit, Ă  vingt ans, des choses qu'il ne signerait plus Ă  quarante. La libertĂ©, c'est prĂ©cisĂ©ment de pouvoir devenir quelqu'un d'autre sans que le premier venu puisse vous opposer celui que vous Ă©tiez. La question n'est pas de savoir si ce dispositif a servi contre la bonne personne. Il n'y a pas de bonne personne. La question est de savoir si nous acceptons de vivre dans un monde oĂč il existe. Et oĂč la seule chose qui nous en protĂšge est de n'avoir jamais dĂ©plu Ă  personne.
đŸ’Łâœ‰ïž Mediapart et le secret des correspondances : une boussole Ă  gĂ©omĂ©trie variable ? L'enquĂȘte de Mediapart sur Jordan Bardella est prĂ©sentĂ©e comme un modĂšle de rigueur : extraction RGPD auprĂšs de Meta, constat d'huissier, en-tĂȘtes Gmail, mĂ©tadonnĂ©es, recoupements OSINT jusqu'aux likes Instagram sur un compte privĂ©. Techniquement, le travail est impeccable. Mais personne ne pose la bonne question. Les piĂšces, ce sont des conversations privĂ©es Messenger d'un jeune de 17-18 ans en 2013, des mails personnels, un fichier d'adhĂ©rents du FNJ (donnĂ©es politiques, les plus protĂ©gĂ©es du RGPD). Le droit d'accĂšs de l'article 15 a Ă©tĂ© pensĂ© pour que chacun reprenne la main sur ses propres donnĂ©es. Ici il devient un outil d'extraction au service d'une enquĂȘte visant un tiers. C'est habile. Est-ce ce que le lĂ©gislateur europĂ©en avait en tĂȘte ? Souvenons-nous de septembre 2025. Thomas Legrand est enregistrĂ© Ă  son insu dans un restaurant. Mediapart, comme une partie de la profession, dĂ©nonce alors la captation clandestine, la violation de l'intimitĂ©, le « journalisme de poubelle ». Le fond des propos ? Secondaire. La mĂ©thode disqualifiait tout. Un an plus tard, les mĂȘmes publient douze ans de correspondance privĂ©e d'un adversaire politique et c'est le fond qui justifie tout. La mĂ©thode devient une « dĂ©monstration de forensic ». Je ne confonds pas les deux cas. Dans l'un, un tiers enregistre ; dans l'autre, un interlocuteur livre ses propres Ă©changes. Le droit pĂ©nal fait la diffĂ©rence, et il a raison. Mais le principe que Mediapart invoquait pour Legrand n'Ă©tait pas un principe de droit pĂ©nal : c'Ă©tait un principe moral. Ce qui se dit en privĂ© n'a pas vocation Ă  devenir une piĂšce Ă  conviction. Soit ce principe vaut pour tous, et alors il faut l'assumer face Ă  Bardella. Soit il ne vaut que pour les amis, et alors ce n'est pas un principe, c'est une arme. 📌 La question dĂ©passe Mediapart et dĂ©passe Bardella. Si le modĂšle qui s'installe est : « toute conversation privĂ©e est une preuve en puissance, pour peu qu'un interlocuteur se retourne et qu'un huissier certifie l'export », alors plus aucun Ă©change n'est protĂ©gĂ©. Ni pour les politiques, ni pour les journalistes, ni pour vous. Le secret des correspondances n'a de sens que s'il protĂšge aussi ceux dont on voudrait lire les messages.
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On se rend compte qu’on est en train de sous entendre qu’un mĂ©dia peut demander Ă  Facebook de leur fournir l’ensemble de vos conversations ? Si c’était vrai ce serait un scandale en soi. Heureusement que ce n’est pas le cas et que ce n’est pas ce qu’il s’est passĂ©. Cela dit, cette affaire montre qu’il n’y a pas d’oubli. Toutes vos conversations en ligne sont potentiellement publiques, mĂȘme 15 ans plus tard.
⚡ALERTE INFO - Le mĂ©dia en ligne a demandĂ© un tĂ©lĂ©chargement des conversations numĂ©riques auprĂšs de Meta. âžĄïž l.franceinfo.fr/xDE
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