Philippe Prigent retweeted
đ«đ· « Le gouvernement veut empĂȘcher les Français de voir ce qui se passe rĂ©ellement dans leur pays ! »
đ” « Ă travers des plateformes comme Twitter, qui ne servent absolument pas Ă faire de la compĂ©tition entre Ă©meutiers et nâont rien Ă voir avec la synchronisation au sein dâun groupe dâĂ©meutiers, mais servent Ă informer le public. Et donc, on a vraiment ces trois volontĂ©s dâaction : dâune part, empĂȘcher la diffusion de lâhumeur Ă©meutiĂšre ; dâautre part, empĂȘcher la coordination au sein dâun groupe dâĂ©meutiers ; et, troisiĂšmement, empĂȘcher le public de rĂ©aliser ce qui est Ă lâĆuvre et ce qui est en train de se passer. LâidĂ©e, câest de faire en sorte que vous et moi nâayons plus accĂšs Ă lâinformation. Or, les Ă©meutes du 17 ont quand mĂȘme permis Ă la totalitĂ© de la population de voir trĂšs prĂ©cisĂ©ment ce qui se passait. Et cela aussi, cela a Ă©tĂ© un tournant dans lâhistoire des mĂ©dias en France, oĂč, tout dâun coup, les chaĂźnes dâinformation en continu Ă©taient exactement au mĂȘme niveau que le citoyen ordinaire. Tout le monde sâinformait sur les rĂ©seaux sociaux. »
Réécouter lâĂ©mission đyoutu.be/Zoyh8lvV54s
đŁïž Fabrice Epelboin (@epelboin) accuse le gouvernement de vouloir contrĂŽler lâaccĂšs des Français Ă lâinformation en bloquant les rĂ©seaux sociaux et dĂ©nonce une tentative de censure qui dĂ©passe largement la lutte contre les Ă©meutes.
Philippe Prigent retweeted
Watch Episode 1 of our Odyssey series made with Grok Imagine.
Let us know in the comments if you'd like a full breakdown of how it was done!
Creative collaboration with @WonderStudiosX and director Dev Walker @glumlot_
Philippe Prigent retweeted
Câest en fait le paradoxe de Tocqueville qui nous Ă©clate Ă la figure.
Dans lâun des pays qui redistribue le plus au monde, le pays qui Ă©galise le plus les conditions objectives dâexistence, qui donnent le plus de chance Ă tous, qui donne culture, Ă©ducation et enseignement supĂ©rieur gratuitement Ă tous, qui respecte le plus les droits de lâhomme, dans ce pays de cocagne donc, une part significative de la population est persuadĂ©e quâelle vit dans un enfer dâinjustices et de violences systĂ©miques.
Comme lâavait trĂšs bien montrĂ© Tocqueville, plus il y a dâĂ©galitĂ©, plus les inĂ©galitĂ©s qui restent deviennent insupportables. Notamment parce que la sociĂ©tĂ© mĂ©ritocratique, par rapport Ă lâancien rĂ©gime fondĂ© sur la naissance, a cela de terrible quâelle rend les gens responsables de leurs conditions.
Philippe Prigent retweeted
đ„ "Le vĂ©ritable objectif du couvre-feu et de lâinterdiction des rĂ©seaux sociaux, câest dâempĂȘcher les vrais gens de se rendre compte Ă quel point leur pays devient un coupe-gorge du tiers-monde." #17octobre2026
đŁïž @philippejeanpr1, avocat au barreau de Paris
đ Pour nous soutenir : soutenir.rc.fr
đïž Avec @Liselotte_Dtrl sur @radiocourtoisie
Philippe Prigent retweeted
đ„ "Il faut faire des exemples. Donc Mamadou, on tâa attrapĂ©, les dommages sâĂ©lĂšvent Ă 758 millions dâeuros, donc tu vas payer 758 millions dâeuros [âŠ] Il faut littĂ©ralement mettre ces gens Ă la rue."#17octobre
đŁïž @philippejeanpr1, avocat au barreau de Paris
đ Pour nous soutenir : soutenir.rc.fr
đïž Avec @Liselotte_Dtrl sur @radiocourtoisie
Philippe Prigent retweeted
đ„ "Sarkozy nous a fait regretter Chirac, Hollande nous a fait regretter Sarkozy, Macron nous a fait regretter Hollande, Attal, Philippe ou Retailleau nous ferait probablement regretter Macron."
đŁïž @philippejeanpr1, avocat au barreau de Paris.
đ Pour nous soutenir : soutenir.rc.fr
đïž Avec @Liselotte_Dtrl sur @radiocourtoisie
Philippe Prigent retweeted
đ€ #17octobre : un avocat appelle Ă ruiner les casseurs (et leurs parents)
đŁïž @philippejeanpr1, avocat au barreau de Paris
Entretien complet :
đ youtu.be/iARs1-EHrUo
đïž Avec @Liselotte_Dtrl sur @radiocourtoisie
Philippe Prigent retweeted
Amis étrangers, je vous explique pourquoi les français manifestent autant et si efficacement.
1/ En France socialiste, manifester est devenue le meilleur moyen d'améliorer son niveau de vie.
L'Etat contrÎle 57% de l'économie. La France est #1 mondial en termes de dépenses publiques par habitant.
La France est un pays crypto-communiste oĂč l'Etat contrĂŽle la tirelire.
Donc pour avoir accĂšs Ă la tirelire public, il faut soit voter soit manifester.
Le vote est phagocyté par le bloc retraité et pré-retraité qui représente de trÚs loin le plus gros bloc électoral et s'attire sans violences les subsides étatiques.
Pour le reste, La manifestation est la méthode la plus adéquate pour se faire entendre par les élites.
Particularité du communisme à la française, il est relativement libertaire en termes de maintien de l'ordre et autorise de manifester sans finir au Goulag.
Donc, tout le monde s'y met naturellement.
Chaque euro gagné par le travail au-dessus du salaire minimum est taxé à 70%.
Chaque chÚque de subvention est peu ou pas taxé.
Le français reste un homo economicus comme les autres. Le choix de manifester est vite fait car c'est le meilleur choix rationnel à court terme.
2/ Il y a une incitation trĂšs forte Ă tout casser et Ă faire un maximum de grabuge.
Vu que tout le monde manifeste et se plaint, l'Etat ne sait plus oĂč donner de la tĂȘte.
Malgré des moyens quasi-illimités, l'Etat français ne peut pas donner de l'argent à tout le monde.
Il doit choisir.
Alors il choisit de de flĂȘcher ses aides vers les groupes les plus bruyants, les plus destructeurs et qui menacent le plus la sĂ©curitĂ© des Ă©lites.
Naturellement se lance une surenchĂšre pour savoir qui sera le "meilleur manifestant".
Depuis quelques décennies, un groupe se détache clairement par sa capacité à tout casser: le jeune de banlieue issu de l'immigration.
Nos politiques sont effrayés (à raison) et envoient toujours plus de milliards d'euros vers les quartiers à majorité issue de l'immigration.
Comme ça marche, il y a une incitation à toujours plus casser et terrifier.
Un cercle vicieux, sans fin
3/ Les prisons sont pleines et l'Etat français est incapable de simplement concevoir le nombre de places indispensables à un maintien de l'ordre basique.
De trÚs dangereux criminels sont tous les jours relachés faute de places.
Pour un juge français, mettre un manifestant en prison pour un "simple" pillage ou une charge sur la police apparaßt comme tout simplement saugrenu.
Donc forcément, tout le monde continue.
Casser et brûler sont devenus une sorte de divertissement sans risque pour une partie de la jeunesse
4/ Peut-ĂȘtre le plus important, la manifestation et la rĂ©volte sont perçues comme des actes romantiques en France.
Que ce soit à l'école, dans les livres, dans les films, dans les médias, la révolution et la "lutte populaire" sont portées aux nues.
L'histoire du pays est présentée comme celle d'un peuple qui s'est battu contre ses élites pour arracher toujours plus de droits.
Nos romans les plus célÚbres magnifient les révolutions.
Notre tableau le plus célÚbre représente des barricades en plein Paris.
Nos élites vivent encore sur le souvenir romantisé de Mai 1968.
Manifester n'est pas un "trouble de l'ordre public" mais un devoir pour tout français qui se respecte.
En temps normal, la France pouvait gérer sans problÚme ces manifestations incessantes et des révoltes épisodiques.
Cela faisait presque partie du "folklore" du pays.
Sauf qu'on arrive Ă la fin d'un cycle.
L'Etat est en situation de quasi faillite et ne peut plus se permettre de donner plus.
Les changements démographiques rapides font courrir un véritable risque de guerre civile au pays
Tout le monde le sent. La nature des revendications change et devient de plus en plus agressive.
Le pays pourra-il sortir de ce cycle infernal?
Rien n'est moins sûr.
Philippe Prigent retweeted
Allez, dernier tour sur lâhistoire des retraites des fonctionnaires. Le fait que celle-ci soit calculĂ©e sur les 6 derniers mois de salaire versus les 25 meilleures annĂ©es pour le privĂ© est source dâincomprĂ©hension.
Ou plutĂŽt de âLĂ© FONctiOnĂšrES y SE GaveNTâ.
Ce serait vrai si la base des revenus des fonctionnaires était calculée et progressait comme celle du privé.
Mais comme on dit chez moi âĂȘtre fonctionnaire, ça eut payĂ©â.
Le salaire des fonctionnaires est calculĂ© sur ce quâon appelle le point dâindice. Qui a Ă©tĂ© gelĂ© il y a 15 ans pour faire des Ă©conomies. Comme il fallait quand mĂȘme un peu motiver les gens on a mis Ă la place des primes.
Alors ça nâa rien changĂ© ?
Câest lĂ quâest lâastuce.
Les primes ne rentrent pas en compte dans le calcul de la retraite. Or les primes câest en moyenne 1/4 des revenus des fonctionnaires. Donc la base utilisĂ©e pour calculer leur retraite est de 75 % de leur revenu.
DeuxiĂšme astuce moins connue, le point dâindice Ă©tant gelĂ©, il progresse moins vite que lâinflation. Cela signifie que le traitement dâun fonctionnaire moyen dans ses 6 derniers mois est bien souvent infĂ©rieur, ajustĂ© de lâinflation, Ă ce quâil Ă©tait 10 ans plus tĂŽt.
Quand on calcule dans le privĂ© sur les 25 meilleures annĂ©es, on ajuste Ă lâinflation.
Donc pour les fonctionnaires, 1/4 de revenus en moins + Ă©rosion de lâinflation, ont un effet dĂ©pressif sur leurs retraites.
Assez pour compenser le différentiel de calcul 6 mois versus 25 meilleures années ?
La DREES a fait le calcul.
Si on prend tous les fonctionnaires (hors police, armĂ©e) nĂ©s en 1958, en moyenne leur retraite aurait Ă©tĂ© 1,5 % plus Ă©levĂ©e avec les rĂšgles du privĂ© (25 meilleures annĂ©es, primes comprises) quâavec celles du public. En moyenne, les fonctionnaires sont donc dĂ©sormais perdants.
Ceux qui sont le plus perdants sont les fonctionnaires les plus modestes, ceux qui ont des salaires qui progressent peu et sont beaucoup payés à la prime.
La DREES estime que 62 % des fonctionnaires sont dans ce cas et seraient gagnants avec le calcul du privĂ©, dont plus dâun tiers avec plus de 10 % de retraite en plus.
En revanche, les 32 % des fonctionnaires les plus favorisés, notamment les catégories A et ceux qui obtiennent des grosses promotions dans les derniÚres années de carriÚre, sont eux gagnants au mode de calcul du public.
Donc oui, il y a bien une injustice si lâon veut, mais elle est entre fonctionnaires riches et fonctionnaires pauvres, pas entre fonctionnaires et personnes du privĂ©. LĂ câest vraiment kif kif, et plutĂŽt en faveur du privĂ©.
Globalement on se rend compte que le fait de vivre dans un systĂšme opaque et trop complexe, fait que tout le monde soupçonne tout le monde d'ĂȘtre un privilĂ©giĂ©.
Surtout dans une société de caste et de statut comme la France, cela crée des rancoeurs, de la défiance, et surtout, cela cache les véritables problÚmes.
Ici, on peut se bercer de l'illusion que si on alignait le régime du public sur celui du privé, on résoudrait le problÚme des retraites.
Et non, ça coûterait ENCORE plus.
Il n'y a pas se secret, pas de magie. Il y a un trou de 137 milliards sur les retraites, et tout le monde est concerné.
Les grosses retraites comme ceux au minimum vieillesse, les fonctionnaires comme le privé.
On distribue 30% de pensions de plus que ce que l'on collecte, et ces 30% n'ont pas de bénéficiaires uniques. Toutes les catégories de retraités palpent.
C'est donc une réfome totale du systÚme qui est nécessaire. Pas de bouc émissaire facile.
Le rapport DREES : drees.solidarites-sante.gouvâŠ
Initialement tout le monde sâest emballĂ© sur le fait quâil manquait 52 % de cotisations pour financer la retraite des fonctionnaires. (Et que le reste Ă©tait Ă©quilibrĂ© par des surcotisations ad hoc camouflant le vrai dĂ©ficit.)
Nombreux sont ceux qui se sont dit « hahaha le problÚme des retraites ne concerne que les fonctionnaires ! »
Il a fallu corriger cette erreur dâapprĂ©ciation, en montrant que si le rĂ©gime public Ă©tait dĂ©ficitaire de 50 milliards, celui du privĂ© lâĂ©tait de 77 milliards.
Maintenant la nouvelle rĂ©action est « hahaha peut-ĂȘtre que le rĂ©gime privĂ© est aussi dĂ©ficitaire, mais seulement de 25 %, alors que le public lâest deux fois plus en proportion. Câest bien la faute des fonctionnaires qui se gavent ! »
NavrĂ©, mais il faut encore une fois corriger cette idĂ©e reçue. Lâessentiel des 27 points dâĂ©cart nâa aucun rapport avec des avantages.
17 points sont de purs effets statistiques : le ratio actif/retraitĂ© dans le public est trĂšs mauvais parce quâil y a beaucoup de retraitĂ©s La Poste et France TĂ©lĂ©com alors quâil nây a plus dâactifs en face Ă cause des privatisations, que la FP a de plus en plus recours Ă des contractuels et donc Ă des gens qui cotisent pour le privĂ©, que lâinvaliditĂ© est payĂ©e par la SĂ©cu pour le privĂ©, donc nâapparaĂźt pas dans son dĂ©ficit, mais directement par lâĂtat pour les fonctionnaires et apparaĂźt dans le dĂ©ficit, etc. etc.
Restent 10 points.
6 points sont des avantages anciens, qui nâexistent plus, comme le fait pour les mĂšres de 3 enfants de prendre leur retraite au bout de 15 ans de cotisations (supprimĂ© en 2010). Aujourdâhui le systĂšme de calcul sur les 6 derniers mois avec le gel du point dâindice nâapporte plus dâavantage (rapport DREES) et hors mĂ©tiers actifs (voir point suivant), lâĂąge de dĂ©part Ă la retraite est similaire entre public et privĂ©.
Subsistent 4 points liĂ©s Ă des avantages de dĂ©part anticipĂ© et de bonification de cotisations, mais circonscrits pour lâessentiel Ă des mĂ©tiers qui nâexistent pas dans le privĂ© : sapeur-pompier, militaire, policier, gardien de prison, etc.
On peut trĂšs bien considĂ©rer que ces avantages ne se justifient pas, mais in fine, cela signifie que seuls 4 points dâĂ©cart entre les dĂ©ficits des rĂ©gimes privĂ©s et publics tiennent Ă des avantages encore en vigueur.
Et quand on dit « il faut aligner le rĂ©gime public sur le privé », ça veut essentiellement dire empĂȘcher les militaires et les policiers de partir Ă la retraite plus tĂŽt. Ăa ne me paraĂźt pas ĂȘtre une bonne idĂ©e, mais de toutes façons ce nâest pas ça qui comblera 137 milliards.
Le problĂšme câest tout le systĂšme. Ce serait beaucoup plus facile si le problĂšme Ă©tait aussi circonscrit.
La rĂ©alitĂ© est simplement que nous nâavons pas assez adaptĂ© notre systĂšme de retraite Ă notre dĂ©mographie depuis 25 ans, et quâen consĂ©quence, nous avons un trou immense de 137 milliards que lâon comble en ponctionnant discrĂštement Ă droite Ă gauche et qui petit Ă petit grippe tout le systĂšme et crĂ©e des pĂ©nuries un peu partout.
Les riches disent vouloir s'évader de la prison fiscale pour ne pas payer d'impÎts (ils ont raison).
Leaument dénonce l'inégalité dont sont victimes les Français les moins riches qui, eux, n'ont pas le choix et doivent donc subir le matraquage fiscal.
Il admettrait presque sans s'en rendre compte que si ces Français avaient le choix, ils emboßteraient le pas des plus riches. Et ils auraient raison.
La vraie question est d'ailleurs bien lĂ : il faut donner Ă tous les Français la possibilitĂ© de sortir du systĂšme imposĂ© par l'Ătat. De ce vol gĂ©nĂ©ralisĂ© de l'impĂŽt qui ne produit rien, pire, qui est contre productif.
Aujourd'hui, la sortie du systÚme se fait par un changement de juridiction, mais elle pourrait se faire autrement, sans avoir à se déraciner et à s'expatrier.
Philippe Prigent retweeted
Initialement tout le monde sâest emballĂ© sur le fait quâil manquait 52 % de cotisations pour financer la retraite des fonctionnaires. (Et que le reste Ă©tait Ă©quilibrĂ© par des surcotisations ad hoc camouflant le vrai dĂ©ficit.)
Nombreux sont ceux qui se sont dit « hahaha le problÚme des retraites ne concerne que les fonctionnaires ! »
Il a fallu corriger cette erreur dâapprĂ©ciation, en montrant que si le rĂ©gime public Ă©tait dĂ©ficitaire de 50 milliards, celui du privĂ© lâĂ©tait de 77 milliards.
Maintenant la nouvelle rĂ©action est « hahaha peut-ĂȘtre que le rĂ©gime privĂ© est aussi dĂ©ficitaire, mais seulement de 25 %, alors que le public lâest deux fois plus en proportion. Câest bien la faute des fonctionnaires qui se gavent ! »
NavrĂ©, mais il faut encore une fois corriger cette idĂ©e reçue. Lâessentiel des 27 points dâĂ©cart nâa aucun rapport avec des avantages.
17 points sont de purs effets statistiques : le ratio actif/retraitĂ© dans le public est trĂšs mauvais parce quâil y a beaucoup de retraitĂ©s La Poste et France TĂ©lĂ©com alors quâil nây a plus dâactifs en face Ă cause des privatisations, que la FP a de plus en plus recours Ă des contractuels et donc Ă des gens qui cotisent pour le privĂ©, que lâinvaliditĂ© est payĂ©e par la SĂ©cu pour le privĂ©, donc nâapparaĂźt pas dans son dĂ©ficit, mais directement par lâĂtat pour les fonctionnaires et apparaĂźt dans le dĂ©ficit, etc. etc.
Restent 10 points.
6 points sont des avantages anciens, qui nâexistent plus, comme le fait pour les mĂšres de 3 enfants de prendre leur retraite au bout de 15 ans de cotisations (supprimĂ© en 2010). Aujourdâhui le systĂšme de calcul sur les 6 derniers mois avec le gel du point dâindice nâapporte plus dâavantage (rapport DREES) et hors mĂ©tiers actifs (voir point suivant), lâĂąge de dĂ©part Ă la retraite est similaire entre public et privĂ©.
Subsistent 4 points liĂ©s Ă des avantages de dĂ©part anticipĂ© et de bonification de cotisations, mais circonscrits pour lâessentiel Ă des mĂ©tiers qui nâexistent pas dans le privĂ© : sapeur-pompier, militaire, policier, gardien de prison, etc.
On peut trĂšs bien considĂ©rer que ces avantages ne se justifient pas, mais in fine, cela signifie que seuls 4 points dâĂ©cart entre les dĂ©ficits des rĂ©gimes privĂ©s et publics tiennent Ă des avantages encore en vigueur.
Et quand on dit « il faut aligner le rĂ©gime public sur le privé », ça veut essentiellement dire empĂȘcher les militaires et les policiers de partir Ă la retraite plus tĂŽt. Ăa ne me paraĂźt pas ĂȘtre une bonne idĂ©e, mais de toutes façons ce nâest pas ça qui comblera 137 milliards.
Le problĂšme câest tout le systĂšme. Ce serait beaucoup plus facile si le problĂšme Ă©tait aussi circonscrit.
La rĂ©alitĂ© est simplement que nous nâavons pas assez adaptĂ© notre systĂšme de retraite Ă notre dĂ©mographie depuis 25 ans, et quâen consĂ©quence, nous avons un trou immense de 137 milliards que lâon comble en ponctionnant discrĂštement Ă droite Ă gauche et qui petit Ă petit grippe tout le systĂšme et crĂ©e des pĂ©nuries un peu partout.
Philippe Prigent retweeted
Nouvelle découverte stupéfiante à propos des retraites :
Selon la Cour des Comptes, les retraitĂ©s du public auraient des PENSIONS PLUS ĂLEVĂES s'ils Ă©taient partis avec les RĂGLES DU PRIVĂ.
Et oui.
1/2
Philippe Prigent retweeted
C'est vrai que beaucoup de retraitĂ©s de la fonction publique d'Ătat ont bĂ©nĂ©ficiĂ© de dĂ©parts trĂšs prĂ©coces. Par exemple, les instituteurs ont longtemps Ă©tĂ© classĂ©s en catĂ©gorie « active » et pouvaient partir trĂšs tĂŽt, malgrĂ© une espĂ©rance de vie plutĂŽt longue.
Cela a coûté trÚs cher, mais c'est nettement moins courant parmi les retraités récents de la FPE civile. En 2024, l'ùge moyen de départ dans la FPE civile et celui du régime général différaient de moins d'un an.
Une institutrice partie à 56 ans il y a dix ans aura certes coûté énormément sur l'ensemble de sa retraite. Mais aujourd'hui, elle serait de toute façon retraitée. Ses conditions de départ ont pesé sur la dette publique, mais elles ne changent rien au déséquilibre du systÚme en 2026.
ConcrĂštement, quasiment aucun fonctionnaire parti entre 1993 et 2008 ne serait encore en activitĂ© aujourd'hui s'il n'avait pas bĂ©nĂ©ficiĂ© d'un dĂ©part prĂ©coce. Nous payons des intĂ©rĂȘts sur la dette que ces dĂ©parts ont occasionnĂ©e, mais leurs avantages ne peuvent pas expliquer le dĂ©sĂ©quilibre actuel du rĂ©gime de la FPE.
Quant à la SNCF et à la RATP, elles relÚvent de régimes spéciaux distincts, et les pensions militaires sont comptabilisées à part.
Sur le ratio actifs/retraitĂ©s de la FP, pq ne dites vous pas, @sc_cath, quâil est largement dĂ», hormis la Poste et FrTĂ©lĂ©com, aux dĂ©parts prĂ©coces du public (-5 Ă 10 ans pour les catĂ©gories active et super-active, -2,5 ans pour les retraitĂ©s Balladur partis entre 1993 et 2008)?
Philippe Prigent retweeted
« On a cotisé (ou pas, on s'arrange toujours), et maintenant, on veut notre croisiÚre aux Seychelles, [...] on compte bien en profiter jusqu'à la derniÚre goutte »
Magnifique message dâune boomeuse Ă l'adresse des jeunes
Philippe Prigent retweeted
Un article important sur le dĂ©clin de la France dans les annĂ©es 1930 encore issu de la sphĂšre des progress studies (pour ceux qui nâont pas suivi, câest tout ce mouvement intellectuel rĂ©cent se focalisant sur les ressorts concrets de la croissance Ă©conomique, de lâamĂ©lioration des conditions de vie et du progrĂšs technologique.).
Cet article souligne que lâAllemagne nâavait pas initialement dâavantage industriel sur la France, mais que les rĂ©formes de 1936 et particuliĂšrement la passage de 48 Ă 40h de travail hebdo pour lutter contre le chĂŽmage a eu pour consĂ©quence imprĂ©vue une forte baisse de la production dâavions, de canons, et de blindĂ©s (jusquâĂ -50%) principalement parce que les ouvriers qualifiĂ©s Ă©taient rares et quâen consĂ©quence rĂ©duire leurs horaires ne faisait que stopper la production, avec personne Ă embaucher pour compenser.
RĂ©sultat : une armĂ©e française sous Ă©quipĂ©e en 1940 qui se fait rouler dessus, malgrĂ© dâailleurs des blindĂ©s de meilleure qualitĂ©. Le malheur français : de la qualitĂ© sans quantitĂ©s.
Lâarticle souligne que les mauvaises idĂ©es ont tendance Ă ne jamais ĂȘtre purgĂ©es. Les 40h sont reprises Ă la LibĂ©ration et lâidĂ©e que rĂ©duire le temps de travail de façon administrative, autoritaire et gĂ©nĂ©ralisĂ©e serait bĂ©nĂ©fique pour lâĂ©conomie - et pour les conditions des travailleurs - nâa jamais Ă©tĂ© sĂ©rieusement remise en cause alors que tout semble le dĂ©mentir.
Les nationalisations de l'industrie aĂ©ronautique en 1936-1937, souvent citĂ©es pour expliquer la dĂ©sorganisation, ne sont cependant pas traitĂ©es par lâarticle.
La grande leçon de cet article est que le futur dâun pays est rarement dĂ©cidĂ© par sa focale de premier degrĂ© (la France Ă©tait sĂ©rieuse sur son rĂ©armement) mais par les consĂ©quences de second degrĂ© de son systĂšme socio-Ă©conomique.
Ă lâheure de lâIA, cela signifie que le futur de la France ne sera pas dĂ©terminĂ© en tout premier lieu par notre politique proprement IA, mais par tout ce qui crĂ©e un environnement Ă mĂȘme de lui donner corps : politique Ă©nergĂ©tique, droit du travail, systĂšme fisco-social, rĂ©gime dâautorisations et rĂ©glementaire, etc.
Jâai Ă©crit ici un long article sur la vĂ©ritable grammaire de la puissance qui sâinscrit dans une logique similaire Ă celle de lâarticle de Willemyns : larroumec.substack.com/p/la-âŠ
Listen up, freaks: weâve got AI, labour law, being rude about the French, and the Nazis ALL IN ONE piece. What else could you ask for?
New essay with @DuncanMcClement on what the fall of France in 1940 can teach us about policy design, second-order effects and national decline.
juliawillemyns.substack.com/âŠ
Philippe Prigent retweeted
Official French statistics on education spending are simply wrong. As in every country, they include pension contributions, except that in France the contribution rate is 93%, three to four times what could be considered a normal rate.
This absurd contribution rate is an accounting gimmick that allows the French state to claim its pension scheme is balanced, but it has nothing to do with the pensions that teachers currently in the classroom will actually receive.
Recent reports have found that, after correcting for this bias, French spending on primary education, for instance, is not slightly above the OECD average, as official statistics suggest. Rather, it falls in the bottom quartile.
French schools aren't underfunded: 5.4% of GDP vs 4.9% OECD, more than Germany. The problem is central planning (only 2% of decisions are taken by schools), teacher absence (670,000 strike days) and poor discipline (52% of pupils report classroom disorder vs 32% OECD), as witnessed by children setting widespread fires and riot police having to be sent in, which is clearly not normal.
Readers added context they thought people might want to know
French education spending figures like 5.4% of GDP include over 25% in pension payments to retired teachers via France's public sector accounting, inflating totals vs. peers. Adjusted analyses show spending at or below OECD averages, especially primary education.
reuters.com/world/europe/hâŠ
alternatives-economiques.fr/pour-l-educatiâŠ
gpseducation.oecd.org/CountryProfileâŠ
Philippe Prigent retweeted
đŁâïž Affaire Bardella, suite. Ce que la « preuve scientifique » de Mediapart dit de notre vie privĂ©e.
Hier, je posais la question du secret des correspondances. Aujourd'hui, la méthode. Pas le fond des messages. La méthode. Parce qu'elle a été validée par des applaudissements qui auraient pu entendre jadis lors des exécutions publiques. Parce qu'elle peut tous nous concerner un jour.
Rappel du protocole revendiqué. Une source de l'entourage d'un adolescent de 17 ans, treize ans plus tard. Une rédaction lui indique la marche à suivre : demander à Meta, au nom du RGPD, l'archive de ses conversations. Le fichier arrive mi-août. Un huissier le constate le 29 septembre. Publication. Fin.
Chaque maillon mĂ©rite d'ĂȘtre regardĂ©. Aucun ne tient ce qu'on lui fait dire.
1ïžâŁ Un droit retournĂ© contre ceux qu'il protĂšge
Le RGPD est né d'une idée simple. L'individu face aux plateformes. Savoir ce qu'elles détiennent. Corriger. Effacer. Reprendre la main. L'article 15, c'est cela : un contre-pouvoir du citoyen.
Regardez ce qu'il devient ici. La demande est suggérée par un journal. Datée par lui. Exploitée par lui. Pour obtenir les écrits d'un tiers. La source exerce un droit. Le journal en récolte le produit. Le citoyen n'est plus le bénéficiaire du texte. Il en est l'instrument.
La CJUE a jugĂ© qu'on n'a pas Ă justifier d'un motif pour exercer son droit d'accĂšs. Soit. Mais le mĂȘme article, au paragraphe 4, pose une rĂ©serve : la copie « ne porte pas atteinte aux droits et libertĂ©s d'autrui ». Une conversation a deux auteurs. L'autre n'a rien demandĂ©. Il n'a pas Ă©tĂ© informĂ©. Il n'a pas Ă©tĂ© entendu. Ses droits et libertĂ©s, personne ne les a pesĂ©s.
Ce n'est pas une illégalité. C'est pire. C'est un retournement de finalité, propre, légal, reproductible. Un texte écrit pour protéger l'individu devient, avec le concours de la plateforme, l'outil le plus efficace jamais conçu pour l'exposer. Et il fera école.
Ce retournement n'est pas un accident. C'est une mécanique. Bruxelles légifÚre pour nous protéger des géants. Les géants exécutent. Et le résultat se retourne contre le premier venu. Le DSA devait protéger la liberté d'expression ; il organise la modération de masse. Le RGPD devait protéger la vie privée ; il livre nos correspondances à nos correspondants.
Et le pire est devant nous. Chat Control, que nous avons combattu pied Ă pied, fera scanner chaque message privĂ© des EuropĂ©ens avant mĂȘme qu'il parte, au nom de la protection de l'enfance. La loi Miller, que j'ai combattue aussi, procĂšde de la mĂȘme logique : un dispositif de contrĂŽle, et une porte ouverte qu'on jure de ne jamais franchir. Ă chaque fois, on nous dit : cela ne servira que contre les coupables. Ă chaque fois, cela sert contre ceux qui dĂ©plaisent.
Il y a une ironie que je ne peux pas taire. Ces textes de surveillance, le Rassemblement national les a soutenus. Il a voté pour les mécanismes qui permettent aujourd'hui de fouiller treize ans de conversations de son président. Jordan Bardella découvre cette semaine ce que nous disions depuis des années : un outil de surveillance n'a pas de camp. Il n'a que des cibles. Et les cibles changent.
Je ne m'en réjouis pas. C'est exactement le contraire. Celui qui se croit à l'abri parce que la loi vise les autres n'a rien compris à ce qu'est une loi. Elle finit toujours par trouver tout le monde.
2ïžâŁ Un huissier qui certifie un fichier, pas une origine
Les dates sont celles de Mediapart. Archive téléchargée mi-août. Constat le 29 septembre. Six semaines.
Six semaines sur un ordinateur privé. Entre les mains d'une personne engagée dans le dossier. Sans témoin.
Une archive Meta n'est pas signée. Ce sont des fichiers JSON et HTML. Lisibles. Modifiables dans n'importe quel éditeur de texte. Recompressibles à l'identique. Aucune empreinte cryptographique ne relie le fichier à Meta.
L'huissier constate ce qu'on lui présente. La structure. Les dates internes. La cohérence. Il ne peut pas établir que ce zip est celui que Meta a produit. Il n'a pas assisté au téléchargement. Aucune empreinte n'a été relevée à la réception, ou Mediapart ne le dit pas.
Dire que l'huissier « authentifie » les messages est donc un abus volontaire de langage. Il atteste qu'un fichier existait, intact, le 29 septembre. Rien de plus. Rien sur les six semaines d'avant. La paresse de certains journalistes confine à l'incompétence voir à la complicité.
Je ne dis pas que l'archive a été modifiée. Je dis que rien dans le protocole publié ne permet de l'exclure. Et qu'une preuve qu'on qualifie de scientifique devrait pouvoir l'exclure. Sinon ce n'est pas une preuve. C'est un témoignage avec un tampon.
3ïžâŁ Meta, la piĂšce manquante
On parle de la source. De Mediapart. De l'huissier. Personne ne parle de celui qui a fourni la piĂšce.
PremiÚre question. Quand un compte Facebook est supprimé, Messenger remplace le nom par « Utilisateur Facebook » chez les correspondants. C'est documenté. Or Mediapart écrit que l'archive « confirme que l'interlocuteur est référencé par Meta/Facebook sous le nom Jordan Bardella ». Et ses défenseurs expliquent que l'intéressé ne peut plus réclamer sa propre archive, son compte étant supprimé depuis longtemps.
Les deux ne peuvent pas ĂȘtre vrais ensemble. Soit le compte n'a jamais Ă©tĂ© supprimĂ©, et Bardella peut encore en demander l'export. Soit Meta conserve l'identitĂ© des comptes effacĂ©s dans les archives des tiers, au-delĂ des 90 jours qu'elle annonce. Dans le premier cas, une dĂ©fense s'effondre. Dans le second, c'est Ă la CNIL que Meta devra rĂ©pondre. Dans les deux cas, on veut savoir.
DeuxiÚme question. Quand un utilisateur demande sa copie, Meta pourrait livrer ses propres messages. Elle pourrait livrer le fil complet en informant l'autre. Elle pourrait appliquer la réserve du 15.4 qu'elle connaßt parfaitement. Elle fait un autre choix. Tout, à l'un. Rien à l'autre. Ce n'est pas une obligation légale. Ce n'est pas une contrainte technique. C'est une décision d'entreprise, prise une fois pour trois milliards de personnes. Elle rÚgle d'avance la question de savoir à qui appartient une conversation à deux. Et personne ne l'a jamais discutée.
TroisiĂšme question. Treize ans de conversations d'un adolescent. Intactes. La limitation de la conservation est une obligation du responsable de traitement. Pas une option. Meta garde tout, indĂ©finiment, au nom du « bon fonctionnement du service ». C'est exactement ce que les autoritĂ©s europĂ©ennes lui reprochent dossier aprĂšs dossier. Il y a un mois, c'Ă©tait un manquement. Cette semaine, c'est un atout de l'enquĂȘte. Rien n'a changĂ©. Sauf l'identitĂ© de celui dont on exhume les archives.
QuatriĂšme question, qui rĂ©sume les trois autres. Que garde Meta, combien de temps, et sous quel nom ? Lisez la politique de confidentialitĂ©. Vous n'y trouverez pas la rĂ©ponse. « Jusqu'Ă 90 jours. » « Sauf sauvegardes. » « Sauf raisons lĂ©gales. » « Les copies envoyĂ©es Ă d'autres peuvent demeurer. » Du flou, soigneusement rĂ©digĂ©. Un utilisateur qui supprime son compte ne sait pas ce qui survit de lui. Il ne le dĂ©couvre que le jour oĂč quelqu'un s'en sert.
4ïžâŁ Le monde que cela dessine
Tout ce que vous avez écrit depuis quinze ans existe encore. Pas chez vous. Chez chacune des personnes à qui vous l'avez adressé. Et sur les serveurs d'une plateforme qui a fait de la mémoire totale son modÚle économique. Vous pouvez supprimer votre compte. Effacer vos messages. Changer de vie. La copie demeure, chez l'autre. Et elle porte votre nom.
N'importe lequel de vos correspondants peut, en quelques clics, sans que vous en soyez informĂ©, en obtenir l'archive intĂ©grale. La garder un mois. Un an. Dix ans. La relire Ă la lumiĂšre de ce que vous ĂȘtes devenu. Puis, le jour oĂč vos chemins divergent, la faire constater par un officier public qui n'aura aucun moyen de savoir ce qu'elle a traversĂ© entre-temps.
Ce n'est plus un risque théorique. C'est un protocole publié, détaillé, applaudi.
La protection de nos échanges privés ne repose donc plus sur le droit. Ni sur la technique. Elle repose sur la loyauté durable de tous ceux à qui nous avons un jour fait confiance. Un ami de jeunesse. Un ex. Un ancien collÚgue. Un camarade de parti. Il suffit d'un seul.
On objectera que cela ne concerne que ceux qui ont quelque chose à cacher. C'est l'argument qu'on oppose depuis toujours à toute surveillance. Il a toujours été faux. Chacun a écrit, à vingt ans, des choses qu'il ne signerait plus à quarante. La liberté, c'est précisément de pouvoir devenir quelqu'un d'autre sans que le premier venu puisse vous opposer celui que vous étiez.
La question n'est pas de savoir si ce dispositif a servi contre la bonne personne. Il n'y a pas de bonne personne. La question est de savoir si nous acceptons de vivre dans un monde oĂč il existe. Et oĂč la seule chose qui nous en protĂšge est de n'avoir jamais dĂ©plu Ă personne.
đŁâïž Mediapart et le secret des correspondances : une boussole Ă gĂ©omĂ©trie variable ?
L'enquĂȘte de Mediapart sur Jordan Bardella est prĂ©sentĂ©e comme un modĂšle de rigueur : extraction RGPD auprĂšs de Meta, constat d'huissier, en-tĂȘtes Gmail, mĂ©tadonnĂ©es, recoupements OSINT jusqu'aux likes Instagram sur un compte privĂ©. Techniquement, le travail est impeccable. Mais personne ne pose la bonne question.
Les piĂšces, ce sont des conversations privĂ©es Messenger d'un jeune de 17-18 ans en 2013, des mails personnels, un fichier d'adhĂ©rents du FNJ (donnĂ©es politiques, les plus protĂ©gĂ©es du RGPD). Le droit d'accĂšs de l'article 15 a Ă©tĂ© pensĂ© pour que chacun reprenne la main sur ses propres donnĂ©es. Ici il devient un outil d'extraction au service d'une enquĂȘte visant un tiers. C'est habile. Est-ce ce que le lĂ©gislateur europĂ©en avait en tĂȘte ?
Souvenons-nous de septembre 2025. Thomas Legrand est enregistré à son insu dans un restaurant. Mediapart, comme une partie de la profession, dénonce alors la captation clandestine, la violation de l'intimité, le « journalisme de poubelle ». Le fond des propos ? Secondaire. La méthode disqualifiait tout.
Un an plus tard, les mĂȘmes publient douze ans de correspondance privĂ©e d'un adversaire politique et c'est le fond qui justifie tout. La mĂ©thode devient une « dĂ©monstration de forensic ».
Je ne confonds pas les deux cas. Dans l'un, un tiers enregistre ; dans l'autre, un interlocuteur livre ses propres échanges. Le droit pénal fait la différence, et il a raison. Mais le principe que Mediapart invoquait pour Legrand n'était pas un principe de droit pénal : c'était un principe moral. Ce qui se dit en privé n'a pas vocation à devenir une piÚce à conviction.
Soit ce principe vaut pour tous, et alors il faut l'assumer face Ă Bardella. Soit il ne vaut que pour les amis, et alors ce n'est pas un principe, c'est une arme.
đ La question dĂ©passe Mediapart et dĂ©passe Bardella. Si le modĂšle qui s'installe est : « toute conversation privĂ©e est une preuve en puissance, pour peu qu'un interlocuteur se retourne et qu'un huissier certifie l'export », alors plus aucun Ă©change n'est protĂ©gĂ©. Ni pour les politiques, ni pour les journalistes, ni pour vous.
Le secret des correspondances n'a de sens que s'il protĂšge aussi ceux dont on voudrait lire les messages.
Philippe Prigent retweeted
On se rend compte quâon est en train de sous entendre quâun mĂ©dia peut demander Ă Facebook de leur fournir lâensemble de vos conversations ?
Si câĂ©tait vrai ce serait un scandale en soi. Heureusement que ce nâest pas le cas et que ce nâest pas ce quâil sâest passĂ©.
Cela dit, cette affaire montre quâil nây a pas dâoubli. Toutes vos conversations en ligne sont potentiellement publiques, mĂȘme 15 ans plus tard.
âĄALERTE INFO - Le mĂ©dia en ligne a demandĂ© un tĂ©lĂ©chargement des conversations numĂ©riques auprĂšs de Meta.
âĄïž l.franceinfo.fr/xDE






























